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Ben Harper : "David
Lindley est un guitariste slide qui joue de toutes sortes
d'instruments : violon, banjo, mandoline... Il joue
de tout ce qui a des cordes. Il jouait de la Weissenborn
avant tout le monde.
Mes parents, lui et sa femme se connaissaient déjà
avant que je naisse — cela remonte à loin.
Sa fille Roseanne et moi étions amis, nous avons
grandi ensemble, nous étions vraiment très,
très proches, comme un frère et une soeur.
On avait l'habitude de le suivre en concert et de le voir
jouer. Le fait d'avoir été exposé à
sa musique depuis mon plus jeune âge a joué
un grand rôle par rapport à la façon
dont je fais de la musique.
Il venait tout le temps au Folk Music Center. On passait
du temps ensemble et on rigolait — c'est le mec
le plus drôle que je connaisse.
David Lindley et des types comme Taj Mahal ont eu sur moi
une influence énorme, incommensurable, et le fait
qu'ils soient toujours de ce monde rend ma vie plus intéressante
et plus vivable. David connaît Pete Seeger, Bess Hawes,
Jean Ritchie (un joueur de dulcimer)... Il connaissait Okie
Adams (un fabriquant de banjo old-school), Flatt and Scruggs.
Ils connaissait tous ces mecs... Taj connaissait Mississippi
John Hurt, Fred McDowell, Lonnie Johnson, Brownie McGhee...
Pour moi, ils sont le lien direct vers cette école.
David avait l'habitude de jouer avec un percussionniste
incroyable, 'Baboo' (George Pierre), qui a eu un profond
impact sur moi. J'aimerais vraiment savoir ce qu'il est
devenu. Il était premier percussionniste sur l'album
El Rayo-X et donnait vie aux concerts d'une façon
incroyable." |
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| Sur la chanson In
The Lord's Arms (Burn To Shine, 1999), David
Lindley joue du banjo, de la mandoline et du fiddle (violon
traditionnel).
Ben Harper : "J'avais appris qu'il
venait de finir une session de travail. J'étais persuadé
que la seule personne capable de donner vie à cette
chanson — de la manière dont je l'entendais
dans ma tête — c'était lui, David Lindley.
J'étais vraiment très nerveux lorsque j'ai
laissé un message sur son répondeur. Un jour
ou deux après, j'ai reçu un coup de fil "Hey
man, c'est Lindley. Je le ferai avec plaisir !". Je
ne pouvais pas le croire, j'en revenais pas. Lorsqu'il est
venu au studio il avait une incroyable sélection
d'instruments — la plus fabuleuse mandoline Gibson,
le plus fabuleux violon que j'avais jamais vu. A ce jour,
cela reste l'une des plus belles expériences musicales
de ma vie."
David Lindley joue également du tambura - instrument
à cordes traditionnel indien - sur le titre Better
Way (Both Sides of the Gun, 2006). |
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David Lindley : "Je
connais Ben depuis qu'il a cinq ou six ans. Je connaissais
sa mère et je suis allé à l'école
avec son père. Son grand-père et sa grand-mère,
Charles et Dorothy Chase, sont deux piliers de la scène
musicale folk de Claremont, je les connais depuis toujours.
J'ai été étonné de voir avec
quelle rapidité Ben est devenu un grand joueur de
slide, par son seul travail, juste en observant les autres.
Autant que je sache, il n'a jamais pris aucune leçon
même si je suis sûr qu'il a bûché,
étudié durement, apprenant la musique hawaïenne
traditionnelle et le blues — on peut l'entendre dans
ce qu'il fait.
L'un des aspects essentiels permettant d'appréhender
son jeu est le fait qu'il a étudié les originaux,
les artistes hawaïens comme Sol Hoopii et Gabby, puisant
d'abord à la source, la technique et l'inspiration.
Il a ensuite intégré sa propre sensibilité.
Cette démarche est la meilleure façon de procéder
— il en a récolté les fruits et en a
fait un bon usage.
Bien que je puisse reconnaître dans sa musique quelques
unes de ses influences, il est original dans sa façon
de jouer et de chanter, véritablement original. Ben
Harper n'est pas une création de l'industrie musicale.
Le talent de Ben a semblé se révéler
tout d'un coup, intact, et s'est développé
à une allure presque effrayante. Un jour, au Folk
Music Center, j'ai joué un air plutôt complexe
sur une guitare hawaïenne. Lorsque je suis revenu le
lendemain, il jouait dans le même style, une variation
qui était encore meilleure que la mienne. Cela, après
m'avoir regardé jouer une seule fois. C'était
incroyable.
J'ai eu en réalité une influence mineure sur
lui dans la mesure où il a tiré son inspiration
de bon nombre de gens qui m'avaient moi-même inspirés :
Mike McClellan d'abord et en tout premier lieu. Mike c'est
le multi-instrumentiste original — un
joueur vraiment incroyable et un chanteur qui a tracé
la voie de la plupart d'entre-nous. Il a appris à
parler hawaïen pour se rapprocher de cette musique
— ce qui est un acte vraiment honorable et un exemple
à suivre.
On peut ensuite déceler dans la musique de Ben Harper,
l'influence de Taj Mahal. Encore quelqu'un de vrai, d'authentique,
comme Mike, quelqu'un qui est d'abord allé puiser
dans les traditions et apprendre d'elles le plus possible,
pour ensuite l'utiliser.
Je dirais que Ben a appris une méthode plutôt
qu'il n'a emprunté ci et là, la musique des
autres. Il y a une différence notable — apprendre
la substance plutôt que le style. Ce n'est pas facile,
cela demande beaucoup de travail et cela se voit dans le
jeu de chacun.
Et enfin, il y a le facteur X que Ben possède
plus que ses aïeux. Et qui sait d'où cela vient...
Il est né avec.
Il faut aussi comprendre que la plupart des musiciens conservent
toujours dans leurs têtes ce qu'ils ont pu entendre
ou voir et cela ressort à un moment donné,
sous n'importe quelle forme, originale ou modifiée.
Il faut imaginer que chaque chanson que l'on entend est
classée loin dans le subconscient, prête à
ressortir à tout moment, sans avertissement. Tout
reste dans nos fichiers.... là-bas, tout au fond."
Propos de David Lindley recueillis par Emmanuel Rivet
/ swer.net - 2001
Photos www.davidlindley.com |
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