"La réalisation de tous
les autres albums a été gratifiante, mais
Diamonds On The Inside m’a redonné le goût
de faire des disques. Je suis reparti pour dix ans !"
Ben Harper — Epok, mars 2003
Rock & Folk – mars 2003
Tout simplement étincelant. Une sorte d’état
de grâce qui débute avec With My Own Two
Hands, un reggae enlevé, appuyé par la
guitare de l’ancien Wailers Al Anderson et qui se
conclut par le très intimiste She’s Only
Happy In The Sun. Entre les deux, avec ses textes toujours
aussi soignés et son folk en bandoulière,
Ben surfe entre funk cru seventies (Brown Eyed Blues,
Bring The Funk), country-rock (Everything,
Diamonds On The Inside), riffs hargneux (Temporary
Remedy, So Low So High), gospel (Picture
Of Jesus) et signe même une chanson réaliste
avec violons et accordéon (When She Believes)
sans oublier l’indescriptible et magique Touch
From Your Lust, sorte d’orage rock transpercé
par des grondements et des éclairs de distorsion.
61 minutes et 25 secondes de pur bonheur façonnées
à la méthode Harper.
Les Inrockuptibles – 12/18 mars
2003
Diamonds On The Inside (…) résume ses précédents
albums et englobe ceux qui furent décisifs dans sa
maturation musicale. Si bien que l’on se trouve en
présence d’une œuvre au concept involontaire
tout à fait inattendu : un disque de "maître-élève".
Ben Harper : "Je ne peux ignorer que mes chansons appartiennent
à certaines écoles et sans doute est-ce ma
manière de me recomposer musicalement et spirituellement,
d’exprimer la globalité et la diversité
de ma personnalité. Un jour, dans quelques années,
je serai peut-être en mesure de signer des disques
qui seront ancrés dans une seule tradition ou qui
en inventeront une nouvelle… En attendant, cet album
se distingue par sa production qui le rend amical à
la plupart des systèmes stéréophoniques
et à tous les environnements possibles. C’est
un disque chaleureux, accueillant. J’ai souhaité
qu’il touche, inconsciemment, la plus grande surface
sensitive ou affective d’un individu."
Il faudrait être armé d’une solide mauvaise
foi (…) pour ne voir et n’entendre chez Ben
Harper qu’un orfèvre de la contrefaçon.
Diamonds On The Inside se prête pourtant à
être lu comme un ensemble d’exercices de style
qui permettraient à leur auteur de cultiver son narcissisme
en se mirant dans le reflet des géants d’autrefois.
Ainsi, la chanson donnant son titre à l’album
évoque explicitement – musique, production,
paraboles comprises – le Bob Dylan de John Welsey
Harding. Temporary Remedy s’ouvre sur
cette image anthologique, "J’ai tué un
serpent avec une Bible", et se poursuit sur la confession
d’un junkie occasionnel qui chante et brûle
sa guitare au napalm, comme jadis Jimi Hendrix. Bring
The Funk convoque Sly Stone au parloir. Plus troublant
encore est le reggae With My Own Two Hands, si
intentionnellement marqué du sceau royal de Bob Marley
période Burning que Ben Harper est allé
jusqu’à quérir l’ancien guitariste
des Wailers, Al Anderson, pour y gagner un magnifique solo
au lyrisme agressif.
Ben Harper : "Si j’avais voulu enregistrer un
titre de Rythm’n’Blues, il y a des chances pour
qu’il ait été façonné
à la manière Stax ou Motown, parce que ces
deux entités englobent l’essence de ce genre
musical. Aujourd’hui, presque tous les nouveaux groupes
de reggae collent au son que Bob Marley et les Wailers ont
élaboré avec des morceaux comme Could
You Be Loved ou Waiting In Vain. Le côté
lisse et propre. Et personne pour s’en offusquer…
Moi, j’ai choisi l’option roots parce que c’est
ce que je voulais : l’urgence, le désespoir.
Rien n’est nouveau sous le soleil ! Et je ne chercherai
ni à me justifier ni à m’excuser puisque
c’est là où je voulais en venir ! "
Toutefois, With My Own Two Hands ne se limite pas
qu’au respect de la lettre. Avec ses deux mains, Ben
Harper clame d’abord qu’il peut "changer
le monde" et pour finir qu’il peut aussi "nous"
aider afin que "nous" changions le monde. Ce "nous"
porte plus de l’esprit Bob Marley que la musique n’en
héberge. Il épouse une préoccupation
essentielle dans l’œuvre du Jamaïcain –
en chacune de nos entreprises, le monde est concerné
– et offre ainsi un gage de sincérité
à l’usage que Ben Harper a pu faire de celle-ci.
Si bien que nous sortons de l’imitation pour atteindre
la perpétuation. (…) Ben Harper ne porte nullement
le deuil de ses maîtres. Il en est l’héritier
naturel, aimant parfois se présenter, avec un soupçon
d’autodérision, comme une "éponge".
C’est pourquoi, quel que soit le mode (blues, heavy-metal,
funk ou reggae), il met toujours l’auditeur, même
blasé, dans une disposition où celui-ci retrouve
une partie de son innocence, une certaine "virginité"
d’oreille.
Ben Harper : "Bob Marley a été influencé
par Joe Higgs et les Impressions, Jimi Hendrix par Robert
Johnson, les Rolling Stones par Chuck Berry et Slim Harpo…
Les générations se suivent et de manière
imperceptible se transmettent le témoin, font en
sorte que la flamme ne s’éteigne pas et puisse
éclairer le chemin. Et c’est à la faveur
de ce processus, de sa continuité, que les choses
uniques finissent par apparaître. Notre époque
et ceux qui lui appartiennent sont sans doute voués
à n’être qu’un moment intermédiaire.
Mais ce n’est pas la pire des positions. J’aime
certaines musiques et j’essaye d’y insérer
ma voix".
Riff Magazine – mars 2003
Artiste à part, Ben Harper ne doit le succès
qu’à son talent et à son indéniable
force de travail. En effet, il y a dix ans, qui aurait pu
imaginer qu’un type, assis sur sa chaise avec une
drôle de guitare sur les genoux, ferait se lever les
foules dans les salles du monde entier ? C’est pourtant
ce qu’il a réussi, sans jamais se vendre ni
se trahir, en égrenant au fil des albums des chansons
qui savent toucher, au plus profond, le cœur des gens.
Il serait un peu convenu de dire que Diamonds On The Inside
est un autre pur joyau, mais c’est pourtant l’exacte
vérité. Un album groovy et soul, avec ce feeling
inimitable et cette voix sensuelle, qui semble transformer
chaque note en perle précieuse (…). Son nouvel
album le montre au top de sa créativité et
de sa maîtrise instrumentale.
Rolling Stone magazine - édition
française – février 2003
Ben Harper : " J’ai choisi de privilégier
la diversité. Je voulais que cet album soit un reflet
bien balancé de ce que j’aime jouer et écouter.
J’ai élargi mon spectre musical pour combler
un manque, une vraie frustration. Car j’aime trop
la musique pour pouvoir me satisfaire d’expériences
redondantes. Je n’ai pas l’impression d’avoir
enregistré un album plus accessible que par le passé
mais il faut bien avouer que jusqu’ici mes chansons
ne passaient que rarement à la radio à part
peut-être Steal My Kisses mon seul mini-tube
à ce jour. Et ça, c’était aussi
un rêve de gosse. Lorsque j’y entends She’s
Only Happy In The Sun, je me souviens de moi, enfant
attrapant ma guitare comme un fou en entendant Bob Marley
dans le poste. "
Guitar Part – mars 2003
Ben Harper : "Les artistes ne sont pas le mieux placés
pour porter des jugements objectifs sur leur propre travail,
mais je pense que c’est mon meilleur album, je le
pense vraiment. C’est probablement et de loin, l’étape
la plus nette et la plus forte que j’ai franchie.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que je mésestime
les précédentes étapes. Je suis aussi
fier de ce disque que de tous les autres mais après
dix ans de carrière, je pense que je suis capable
de porter un jugement objectif : cet album est le plus clair,
le plus concis et à la fois le plus fort que j’ai
enregistré." |