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The
Best Of Friends - John Lee Hooker
1998 - Virgin Records America, Inc./Pointblank/The Rosebud
Agency
07 - Burnin' hell
Written by John Lee Hooker/Bernard Besman - New recording
- Published by Sony/ATV Songs LLC/La Cienega Music Co.(BMI)
- Produced by JP Plunier / Mike Kappus (5/98) - Recorded
and mixed at Russian Hill Recording, San Fransisco, CA by
Samuel Lehmer.
John Lee Hooker : Vocals and Guitar - Ben Harper :
Guitar - Charlie Musselwhite : Harmonica - Juan Nelson :
Bass - Dean Butterworth : Drums. |
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Ben
Harper : Ce type vivait dans une maisonnette tellement
pleine de monde qu'il en a eu marre. Vraiment! Il vient
de s'en acheter une autre, deux pâtés de maison
plus loin pour s'y retirer et regarder la télé
en paix. Ce n'est qu'un homme, il fait son truc mais, en
même temps, c'est ce qu'on a de plus près d'un
Dieu du Blues. Grâce à lui je comprends le
Blues. John n'a qu'à simplement vous percer du regard
et il se passe un truc intense, personnel, indescriptible.
Rencontrer John était quelque chose de magique. Il
m'a fait passé le mojo en fait. Nous sommes devenus
amis maintenant.
Le morceau que je devais jouer avec lui, "Burnin' hell"
est l'un des plus marquants de John Lee. Ce n'est pas simplement
un Blues-Boogie, c'est aussi le seul morceau sur lequel
il explique plus ou moins sa philosophie. A cause de cela,
j'étais assez nerveux avant d'enregistrer en studio.
J'aurais été plus tranquille s'il s'était
seulement agi d'un classique, mais là, il y avait
une autre dimension que je ne pouvais pas ignorer - d'autant
plus que je savais qu'il fait rarement plus de deux prises
du même morceau. |
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| Ben Harper
and John Lee Hooker
Photo © Steve Jennings |
Le studio était
Russian Hill à San Francisco, un des lieux favoris
de John Lee. Il y avait aussi Charlie Musselwhite à
l'harmonica et finalement tout s'est bien passé.
Probablement parce que j'étais tellement nerveux
avant que j'avais réécouté le morceau
des dizaines de fois, je le connaissais par coeur au point
de le jouer dans n'importe qu'elle tonalité et avec
n'importe quel rythme?
Imaginez ce que cela peut représenter que d'enregistrer
avec John Lee Hooker pour la première fois de sa
vie. J'étais très concentré sur la
musique et hanté par l'idée de ne pas le décevoir.
J'étais dans un studio avec le groupe à chercher
les meilleurs arrangements possibles. John est arrivé
en limousine mais il ne voulait pas descendre car il était
scotché devant un jeu télé! On était
réunis au milieu du studio à s'échanger
des idées avec JP. Nous voulions donner un côté
Hip-Hop à cette reprise avec des overdubs. Lorsque
John s'est pointé dans le studio, il a commencé
à accorder les guitares et nous a dit: "alors
qu'est-ce qu'on joue". On lui a donc répondu
qu'on avait une idée plutôt originale pour
reprendre le morceau et lorsqu'on lui a fait écouter,
il s'est écrié: "Mais qu'est-ce que c'est
que ce truc"?. Il a saisi sa guitare et s'est mis à
jouer. On a donc été obligé de le suivre.
Il a alors demandé à l'ingé son de
commencer à enregistrer. On n'a même pas eu
besoin de faire d'overdubs. Tout en live, en trois prises,
d'une traite. La spontanéité est le maître
mot de John.
"Mais où est-ce que tu as trouvé
ce son, young man?" marmonne Hooker à la fin
de l'enregistrement en guise de compliment.
Je me souviens qu'il avait une Gibson hollow-body en accordage
standard, branchée sur un ampli Fender Black Face
Twin. De mon côté, j'ai joué sur une
guitare lap-slide, accordée en open de Mi.
Ma principale préoccupation était de laisser
à John un espace musical grand ouvert. Mon rôle
consistait à m'immiscer dans son univers musical
sans le perturber, à l'accompagner respectueusement. |
| John Lee Hooker / Ben Harper |
Collected by Franck
Roy | Rock & Folk, January 1999.
Pour la rencontre, Ben qui est à San Francisco depuis
le festival HORDE et qui prépare l'enregistrement
de son nouvel album (Burn To Shine) est allé acheter
un costume Armani — "Le costume c'est en signe
de respect". |
| Ben Harper
and John Lee Hooker
Photo © Elisabeth Chaumette |
Ben
Harper: Elisabeth Chaumette — votre photographe
— me demandait si j'étais nerveux pour la séance
photo. Plutôt deux fois qu'une. Qui suis-je pour parler
à John Lee Hooker?
John Lee Hooker: Ne dis pas ça.
Tu m'apportes beaucoup plus que tu ne crois. Et en plus
tu peux jouer le Blues...
Ben Harper: Hey, maintenant c'est
officiel.
John Lee Hooker: Ne plaisante
pas avec ça. Il y a des tas de gamins dehors qui
ne sont pas capables de jouer le Blues.
(...)
Ben Harper: Mes parents avaient
tous ses disques... Même des 78t de John, sans parler
des LP et des recueils de démos.
John Lee Hooker: Eh, eh, pas
de CD en ce temps-là...
Ben Harper: Vraiment je trouve
que le vinyl sonne mieux.
John Lee Hooker: Pas de doute
et on n'a pas fait mieux depuis. Ils avaient ce gros son
gras. (...) Au fait Ben, quand est-ce que tu as commencé
à écouter tous mes trucs?
Ben Harper: A écouter
et essayer de jouer ce que j'entendais sur le disque, je
devais avoir 16 ans, par là. Sinon, vers 6 ou 7 ans,
j'étais gamin et mes parents jouaient tes disques
à la maison. Ma mère...
John Lee Hooker: Ta maman t'as
appris à jouer, pas vrai?
Ben Harper: Toi, Muddy, Elmore...
Pour moi John est la pierre philosophale, avec Willie Dixon.
John Lee Hooker: Le Blues, le
Boogie, c'est ce qui tient en forme. Parfois les femmes
le voient même comme un rival. Mes épouses,
croyez-le ou non, mais elles étaient jalouses du
Boogie. |
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| Ben Harper
and John Lee Hooker
Photo © Elisabeth Chaumette |
Ben
Harper: John, il faut que je me tienne à carreau
cette fois. La dernière fois qu'on s'est vus, j'ai
eu des problèmes avec ma femme — j'avais demandé
à John de me donner quelques tuyaux sur les femmes.
Elle m'a fait une scène: "Qu'est-ce que tu as
besoin de lui demander des conseils sur les femmes, tu en
as déjà une!"
John Lee Hooker: Je l'ai rencontrée,
oui? Avec votre bébé. Il sautait sur mes genoux.
Tu devrais me l'envoyer, je lui expliquerai.
Ben Harper: Bah, ce n'est pas
bon pour un homme marié de faire des commentaires
sur les femmes.
John Lee Hooker: Oh, oh, she's
the boss.
Ben Harper: Hum, on passe la
première partie de sa vie à tenter d'être
son propre patron et hop, une fois marié, terminé...
John Lee Hooker: Les femmes,
elles arrivent et tu redeviens un petit garçon.
Ben Harper: A Clarksdale, Mississippi,
le village natal de John — ils vont renommer une rue
John Lee Hooker Lane.
John Lee Hooker: C'est ce qu'ils
disent. Downtown. j'espère qu'ils ne vont pas me
remettre dans le ghetto.
Ben Harper: Il y avait un comique
l'autre jour qui faisait remarquer que le Martin Luther
King Boulevard se trouve dans le quartier le plus violent
de la ville.
John Lee Hooker: Vrai. Mais tu
sais, je m'en moquerais s'ils me mettaient là, à
la condition qu'il y ait un joli night-club et quelques
bars funky. |
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