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Musical evolution | IN FRENCH ONLY


Welcome To The Cruel World | 1994
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Ben Harper : "C'était un premier pas en ce qui concerne le songwriting, l'enregistrement, le jeu de guitare et la tournée; un premier pas réussi à tout point de vue."

"Il faut faire attention à ne jamais laisser un instrument empiéter sur le territoire d'un autre. C'est une cuisine savante, délicate. Sur certaines chansons, comme "Like a king", la batterie et les congas sont la matière première, l'aliment de base, les guitares ne sont que des condiments."

"Après l'album Welcome To The Cruel World où les percussions sont omniprésentes, je souhaite me diriger vers une écriture plus centrée sur la guitare acoustique. Ce ne sera pas facile car la batterie est le plus ludique des instruments. Si je m'écoutais, j'enregistrerais des disques entiers de rythmes, de percussions... c'est mon côté tribal certainement (rires). Quand j'étais petit, mon père me disait "Tu as le sens du rythme, c'est une bonne chose mais maintenant, que vas-tu en faire de ton rythme? Ecoute plutôt ceci..." Et il me passait un disque des Beatles, de Little Feat, des Rolling Stones... Ces types-là savaient marier le rythme et les mélodies."



Fight For Your Mind | 1995
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Ben Harper : "Il y a une étape à laquelle les gens n'ont pas forcément prêté attention mais qui fut déterminante pour moi : les remix et les titres que j'ai réalisé pour les faces B. Quiconque écoute ces morceaux aujourd'hui aura en main les éléments manquant pour mieux comprendre mon évolution durant ces dernières années."

"Depuis que j'ai jammé avec Pearl Jam, la pulsion électrique est devenue une partie importante de mon son."

Pearl Jam



The Will To Live | 1997
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Ben Harper : "Pour la première fois, je suis satisfait du résultat. Sur les deux derniers disques, je me suis battu avec moi-même, je ne ressentais pas de cohérence. Cette fois-ci, en revanche, j'ai le sentiment d'avoir atteint un aboutissement dans ma recherche musicale. JP Plunier a réalisé exactement le son général que j'avais en tête, à la fois digital et très orienté vers les instruments. Je suis satisfait du niveau d'accomplissement que j'ai atteint parce que je me sens plus fort, à un certain niveau mais je dois faire beaucoup mieux encore et cela me prendra du temps pour y arriver."

"J'espère que mon évolution musicale est une progression audible, qui porte les gens d'album en album, même si on ne peut pas satisfaire tout le monde. Personnellement, je ne pense pas avoir beaucoup changé."

"Sans trahir mes racines, j'ai introduit des chansons musicalement plus dures qu'auparavent. J'ai compris que certaines chansons étaient plus fortes si elles étaient exprimées de façon douce et que certaines compositions étaient plus douces si je les interprétais de façon violente. C'est là que j'ai grandi musicalement. C'est quelque chose que j'ai toujours fait - la seule différence, c'est que je le comprends. Il n'y a pas de changement radical avec The Will To Live. Il y a juste une prise de conscience des intensités et des variations."

"Maintenant je sais si je dois jouer Reggae, Folk, Blues ou Rock pour que ma chanson prenne toute sa dimension et sa force. Peut-être qu'un jour j'exprimerai la musique de façon unique, par un disque entièrement composé de ballades ou un disque entièrement Rock ou Reggae. Pour l'instant, je ressens un équilibre dans ma vie, une pondération. J'ai besoin de différents styles pour trouver mon équilibre et ma guitare me pousse à chercher un son plus dur à l'heure actuelle."

"J'ai accumulé beaucoup d'expérience grâce aux tournées et aux rencontres avec d'autres musiciens. Ils m'ont beaucoup influencé sur la manière dont j'écris ma musique. Depuis que j'ai jammé avec Pearl Jam, la pulsion électrique est devenue une partie importante de mon son. Je l'associe à mes premières influences; le Jazz, le Folk et le Blues de la Carter Family ou de Mississippi John Hurt, pour créer ma musique personnelle. J'utilise aussi les idées venant du Funk, comme pour la ligne de basse doublée au Moog dans I want to be ready."

"J'ai davantage travaillé ma voix pour cet album. C'est aussi important que ma guitare. L'harmonie doit être parfaite. L'intonation, le phrasé, la tonalité, toutes ces choses sont essentielles."

"Le classique, Bach, Beethoven, voilà où j'aimerais aller. Il n'y a que "Roses for my friend" qui ait une orchestration classique sur l'album. Ca fait un bout de temps que je veux faire ça mais je n'ai pas vraiment le temps. Je n'aime pas les grands orchestres, j'en conduirai un petit..."

"Lorsqu'il s'agit de différencier The Will To Live des deux précédents albums tout le monde parle du quatuor à cordes mais ce n'est pas particulier à ce nouvel album. J'ai déjà travaillé avec un quatuor pour la chanson "Power of the gospel". Ce n'est pas difficile de travailler avec des musiciens de formation classique - c'est une grande joie et un challenge aussi."

Electricité — Ben Harper : "Je n'ai jamais été tenté par la guitare électrique au sens classique. Mon truc, c'est l'acoustique, le son du bois. Si j'avais grandi dans la cour d'une usine de guitares, j'aurais sans doute joué du rock. Mais j'ai été élevé dans l'arrière-boutique du plus grand magasin d'instruments Folk de la côte Ouest (rires)... J'aimais Hendrix pour son âme de bluesman, son esprit, ses mélodies, ses choix de notes... Pour moi, Hendrix n'était ni électrique ni acoustique. Il était un son. D'ailleurs, ça n'était même pas un homme, juste un extraterrestre. Pensez qu'il chantait et jouait en même temps! Et cette façon d'utiliser l'espace..."

"Il y a quelques années, je n'aurais jamais osé jouer de la guitare électrique et puis, pour la première fois sur cet album, je m'y suis mis. Je n'ai fait qu'une prise, sur le vif, sans trop savoir où j'allais car ma préférence en matière d'ambiance s'est toujours portée sur les guitares acoustiques, mais là, ça fonctionnait. Certaines chansons appelaient ce genre de dureté dans le son, comme "Faded" par exemple, qui se singularise vraiment par rapport à ce que j'ai pu faire jusqu'ici. Peut-être que les gens, à l'arrivée, ne retiendront que cela: l'ajout de grosses guitares puissantes sur deux titres, alors qu'en fait mon style n'a pas autant changé."

"Je considère en fait mes deux premiers albums comme un seul et même disque. Ils forment mon "premier" album. Il me semble que ce troisième disque est en fait le second. Ce sera sans doute la même chose avec mes prochains disques, je les considérerais sans doute comme le second volet de ma carrière.
En ce qui me concerne, je pense que tu deviens vraiment mâture après le sixième ou le septième album."

"Une chose que je ne supporte pas, ce sont tous ces types qui se permettent de venir te conseiller sur tes orientations musicales, alors qu'ils ne seraient pas foutus de tenir une guitare du bon côté! Si j'avais écouté tous les types qu'on m'a envoyé, il y a longtemps que mes disques ressembleraient à ceux de Prince ou de Michael Jackson (rires)! "



Burn To Shine | 1999
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Ben Harper : "Après la tournée de The Will To Live, j'envisageais très sérieusement une tournée mondiale en acoustique mais j'avais tellement d'idées nouvelles que je ne parvenais même pas à penser clairement. Je ne pouvais pas dormir, il fallait que je les évacue."

"Picasso a eu sa période bleue, puis sa période rose. Ses peintures étaient très différentes et pourtant c'était toujours un seul et même Picasso. C'est la même chose pour moi. On peut considérer qu'avec le précédent album et surtout celui-ci j'ai changé de période mais ce n'est pas un changement délibéré, recherché. Comme si je m'étais dit que j'avais assez joué d'une certaine façon, qu'il me fallait changer à tout prix pour ne pas rester prisonnier d'un son Ben Harper trop défini."

"Les gens qui ont assisté à mes concerts savent à quel point il y eut toujours des surprises, des choses très différentes les unes des autres. Il y a dans ce disque des passages très heavy, presque grunge mais en concert il y a avait depuis longtemps des moments durs de ce genre, comme quand nous jouons "Voodoo Child". Je n'ai donc pas voulu créer une rupture volontaire. En fait cette musique que je joue à présent est celle dans laquelle je me sens maintenant le plus à l'aise. C'est un développement naturel. Je sais qu'il existe des artistes qui forcent les choses, qui créent des moments de crise et de divorce pour puiser dedans de quoi se réinventer, trouver d'autres choses. C'est trop mélodramatique pour moi. La vie est naturellement faite de moments de stabilité et d'autres de changements nécessaires, de phases douces et d'autres violentes. Il suffit de se laisser porter par ce courant sans forcer les choses. Les changements sont nécessaires parce que sinon l'on ne grandit pas. Mais il faut suivre son mouvement naturel."

"Il y a quelques années, je ne me sentais à l'aise que dans la musique acoustique. Ce sont mes racines, je n'en renie rien. Elles font partie de mon identité, ce sont mes séquoias à moi... Me couper d'elles, les arracher de ma terre, ce serait d'une terrible vanité: une erreur impardonnable, un crime contre moi-même mais je me sens ainsi, plus détendu et plus aventurier que par le passé. J'ai toujours dit que j'étais tout à fait capable de faire un disque très électrique quand j'en ressentirais le besoin. Ce moment est venu. Il ne fait pas partie d'un plan de carrière ou de marketing. Cette musique reflète celui que je suis à présent, le même homme mais pas tout à fait identique. En fait je pense que je ne cesse d'apprendre des choses: être musicien, c'est une sorte d'éducation permanente. Et plus tu apprends, plus tu es capable de faire d'autres choses, de devenir ce que tu ne pensais pas pouvoir être. C'est ce qui s'est passé avec cet album."

"Comme dans tout voyage, le paysage change sans cesse. Sinon, cela signifie que vous faites du surplace, n'est-ce pas? Le meilleur des moyens pour se flétrir avant l'âge. Devenir prévisible est l'une des hantises qui me motive pour explorer sans cesse de nouveaux territoires.'

"Je veux qu'on comprenne que c'est du vécu, pas du prémédité. Un exemple; il y a une chanson très jazz new-orleans. On pourrait croire qu'il s'agit d'un plan de production - Okay, on décide de faire un truc new-orleans pour changer un peu, histoire de surprendre les gens - mais en réalité, quand j'avais neuf ans, dans ma ville natale, il y avait en face de chez moi un bar, le Nick's Café, où chaque jeudi depuis vingt ans, jouait un groupe de jazz new-Orleans. Mon enfance a baigné dans ces sons. Quand j'ai écrit cette chanson, naturellement, cette musique est montée du fond de ma mémoire comme si elle était inséparablement liée à ce que je voulais exprimer. Et c'est pareil pour toutes ces couleurs différentes qui se trouvent dans ce disque."

"Idéalement, je voudrais arriver à pouvoir enregistrer tout ce qui m'inspire. Dans mes albums précédents, je me suis retrouvé trop souvent dans la situation où je me disais que je ne pouvais pas enregistrer tel titre car trop en dehors du style de l'album. J'avais envie d'étendre mon univers. Alors j'ai simplement décidé d'agrandir l'enveloppe et de jouer mes chansons, telles qu'elles sont.
Cette fois-ci, les meilleures conditions étaient réunies: autant de temps que possible, sans réelle limitation de budget. On a pu expérimenter minutieusement toutes nos idées. Chaque morceau est dans un style différent souligné par l'arrangement. Les idées venaient d'elles-mêmes; on a accentué le Country-Blues de "Suzie blue" pour le faire sonner comme un vieux 78t, accentué l'intro à la guitare fuzz de "Please bleed", ou les violoncelles de "In the Lord's arms"."

"Je crois qu'aujourd'hui tout est éclaté, éparpillé, mais qu'en conséquence, tous les mélanges sont possibles. J'ai fait des disques très acoustiques (Pleasure and Pain, Welcome To The Cruel World et Fight For Your Mind) et j'en ai fait de très électriques (The Will To Live et Burn To Shine). Maintenant, je veux mélanger les deux."


Voir aussi
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album Diamonds_On_The Inside | 2003
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twbal There_Will_Be_A_Light | 2004



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