menu


Articles / Interviews
ligne
Todd Burke

Todd Burke | Record engineer and mixer

| read more

ligne
Danny kalb

Danny Kalb | Record engineer and mixer

| read more

ligne
Rat Sound | touring & sound systems

| read more



Studio | IN FRENCH ONLY
ligne
Ben Harper : "Chaque studio offre un son spécifique mais celui qui a ma préférence est le studio Grandmaster Recording à Hollywood. C'est un vieux studio en bois avec équipement d'origine. Les Black Crowes y ont enregistré Shake Your Money Maker. Quand tu passes la porte et que tu commences à parler, tu as un frisson."

Studio

Photo extraite du film The Will To Live © JP Plunier



Enregistrement
ligne
Ben Harper : "Le studio n'est que la dernière étape de l'album. Quand on y rentre, tous les titres sont déjà appris et répétés par l'ensemble du groupe. Il n'y a donc plus qu'à les mettre sur bande en y incorporant les arrangements. Au départ, pour la pré-production, je fais écouter les morceaux bruts à JP (Plunier) puis je passe deux semaines avec mon groupe. Chacun donne son avis, émet des idées quant aux arrangements qu'on pourrait faire. Il faut veiller à ne pas lui faire perdre l'émotion de départ — les arrangements doivent apporter quelque chose au morceau et non le dénaturer."

"En studio, on enregistre live autant que possible, basse, batterie, guitares et parties vocales. Si j'ai une ligne directrice avec les accords et la mélodie vocale, j'essaye de garder une part de liberté dans le morceau pendant l'enregistrement pour donner un côté spontané à la composition. Les solos par exemple ne sont jamais écrits car ils sont par définition le côté le plus direct d'un titre."

"Enfin, les overdubs viennent compléter le morceau. Ils sont importants, il faut y réfléchir et les laisser mûrir pour qu'ils donnent quelque chose de neuf à la compo."

Chorale

Photo extraite du film The Will To Live © JP Plunier



The Will To Live, 1997
ligne
Album enregistré dans les studios Grandmaster Recording (Hollywood)

Ben Harper : "J'avais composé Fight For Your Mind sur la route et je m'étais juste interrompu quelques semaines pour son enregistrement, avant de repartir en tournée. J'ai voulu stopper ce rythme infernal pour prendre du recul, travailler sur la pré-production et l'enregistrement avec mon manager, producteur et fidèle associé JP Plunier."

"Pour la première fois depuis trois ans, nous nous sommes offert du temps, à l'abri des contraintes et de la pression. J'avais donc l'esprit très paisible pour ce nouvel album. J'avais confiance dans le son des instruments, dans ma voix, dans tout le processus d'enregistrement car nous nous sommes donnés les moyens d'aller jusqu'au bout des choses."

"Je suis particulièrement fier de Roses from my friends : l'intro est constituée d'au moins dix slide-guitars mixées à l'envers créant une symphonie de sons. C'est pour moi une sorte d'accomplissement."

"Aujourd'hui je sais mieux comment construire un son, comment le faire passer de ma cassette au disque. Je sais ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire pour obtenir un bon enregistrement. Je suis beaucoup plus à l'aise en studio et plus confiant dans mes possibilités musicales. J'ai accumulé beaucoup d'expérience grâce aux tournées et aux rencontres avec des gens aussi différents que les Fugees ou Pearl Jam. Ils m'ont beaucoup influencé sur la manière dont j'écris ma musique. Peut-être sont-ils à l'origine de morceaux plus durs comme Faded ou The will to live ou plus expérimentaux comme Homeless child."

"Je n'aime pas les machines qui jouent toutes seules et sans âme - boîtes à rythmes ou séquenceurs. Tout le monde est persuadé qu'il s'agit de nappes de synthés sur l'intro de "Roses from my friends". Pas du tout! c'est du slide joué au Weissenborn mais la bande est passée à l'envers. J'adore ce genre de gimmicks; faire sonner un instrument à cordes comme un séquenceur. D'ailleurs les guitaristes ont toujours aimé cela; dans les années 30, ils imitaient le son d'un sax ou d'une trompette. J'ai toujours adoré Charlie Parker pour sa capacité à faire de son instrument autre chose que de la musique sortant d'un saxophone. Avec le slide, on peut atteindre des sensations quasi-symphoniques. Une sorte d'avalanche. J'ai même des sons dans ma tête que je n'ai pas encore réussi à transposer sur mon instrument. C'est un challenge démentiel !"

"Mais à côté de tout ce travail en studio, je continuerai toujours à écrire des morceaux intemporels dans la lignée de Walk away."

Juan Nelson

Photo extraite du film The Will To Live © JP Plunier



Burn To Shine, 1999
ligne
Album enregistré à Alpha Studio (Burbank)

Ben Harper : "Pour Burn To Shine, je suis passé par tous les états de la conscience qu'un individu doit pouvoir connaître; de l'exaltation la plus jubilatoire à des moments de déprime carrément angoissants. Une seule constante: le taux de concentration déployé durant l'enregistrement du disque."

"Il fallait que j'enregistre car j'avais accumulé trop de nouvelles chansons dans ma tête. Le studio devient le refuge idéal pour donner corps à des idées qui expriment le besoin d'être concrétisées. C'est un paramètre qui est souvent plus fort que l'artiste et ne pas se mettre au travail dans ces conditions serait un peu comme de craquer sur une fille sans oser l'aborder. Qui sait si vous la reverrez et si elles n'était pas la femme de votre vie?"

"Finalement, l'enregistrement de Burn To Shine aura duré six mois. Il y a trois ou quatre ans, j'aurais vécu ça comme une longue période de captivité; s'enfermer dans un cadre confiné pour donner naissance à des chansons, c'est une idée qui ne m'était pas naturelle mais là, je me suis régalé. Je pense sincèrement que cela a été six mois de spontanéité."

"Jusqu'à présent, j'avais toujours eu le sentiment que ma progression en tant que musicien s'était jouée ailleurs - en répétitions ou dans l'écriture quotidienne. Quant aux tournées, elles m'ont apportées une relation plus intense encore avec la musique. Là j'ai senti qu'avec JP Plunier, on savait ce qu'on voulait et où on allait, quel matériel utiliser pour obtenir tel son, comment tirer le meilleur de chaque instrument, comment capter au mieux la voix."

"Pour les albums précédents, on enregistrait d'abord les squelettes de toutes les chansons puis on étoffait en rajoutant les voix et les autres instruments. Cette fois-ci, on a décidé de procéder chanson après chanson. On jouait aussi Live que possible. Tout le monde était impliqué, du début à la fin du processus. Je me suis senti mieux ainsi: le studio est devenu un lieu d'échange et de bouillonnement."

"Certains titres ont été enregistrés en une prise comme "Suzie blue". D'autres ont pris plus de temps. Il n'est pas bon de se focaliser sur un morceau lorsque tu sens que le feeling n'y est pas. Il vaut mieux passer à autre chose et revenir dessus le lendemain. Pour moi, la situation idéale, ce serait de saisir les chansons et de les mixer sur-le-champ. Ca me semble absurde d'accoucher en deux temps. Sur les précédents albums, on n'a pas toujours eu le temps nécessaire alors on devait jouer avec le timing."

"Les bons jours, on arrive en studio à 13h00 et on commence à enregistrer à 13h30. Dans les mauvais jours, on mange, on discute, on raconte quelques conneries, on joue au basket pendant une heure, on regarde les L.A. Lakers à la télé et on commence à enregistrer vers 19h ou 20h. Ca c'est les jours un peu plus lents."

"Il y eut des surprises, des choses nées en studio mais le disque est dans l'ensemble tel que je l'entendais dans ma tête."

"Sur certains morceaux studio, je joue de trois guitares différentes. Je ne sais pas comment je vais retranscrire ça sur scène. Peut-être, vais-je devoir prendre un autre guitariste."


Diamonds On The Inside, 2003
ligne
Album enregistré à Sunset Sound Recorders (Hollywood) et mixé à Bay 7 Studio (North Hollywood, CA)plus d'infos

Ben Harper | Bay 7 studio
Bay 7 studio | mixage © Marco Dos Santos / Ixo Images - Rolling Stones magazine (ed. française), Décembre 2002



Scène
ligne

Pass
Ben Harper : "La foule agitée, passionnée, réunie dans un stade, c'est souvent plus intime que dans un club de cent personnes dont une vingtaine papotent. Nous avons fait la première partie de la tournée américaine de Pearl Jam. Pendant un concert en Floride, devant 80 000 personnes, il y avait un énorme paquet de gosses emmêlés et surexcités devant la scène et soudain, alors que nous jouions "Voodoo child (Slight return)", la première chanson de notre set, un cul-de-jatte a commencé à surfer sur la foule dans sa chaise roulante — les gens le faisaient flotter au-dessus de leurs têtes en le soutenant à bout de bras. Personne n'avait jamais vu ça, nous en avons presque arrêté de jouer."

"Live, je ne fais jamais deux fois le même solo. Ca donnerait à la compo une sorte de routine vite ennuyeuse pour moi comme pour le public. La spontanéité permet à l'artiste de rester créatif. C'est ce qui fait que tu continues à faire de la musique, à garder l'excitation nécessaire pour écrire."

"Si je ressens un sentiment de lassitude, cela m'arrive, j'arrête tout. Je fais un break, ne serait-ce que par respect pour les gens qui aiment ma musique et viennent me voir sur scène. Je n'ai aucune envie de les insulter. Mes concerts ne supportent ni les chimères, ni la tromperie. Ils sont juste un exercice qui nécessite un engagement absolu."

"Même si ça fait un moment que je me produis sur scène, je ne sais toujours pas vraiment comment parler à un public. Cela demande une concentration incroyable."

ligne

Un journaliste de Rock and Folk affirmait un jour : "Bon sang, Ben Harper... S'il pouvait arrêter de jouer assis sur scène et simplement bouger un peu, il serait le nouveau dieu de la six-cordes..."

Ben Harper : "C'est comme ça et pas autrement. Je n'ai aucune excuse, ni aucun regret. Jusqu'ici, ça a plutôt pas trop mal fonctionné! J'ai toujours joué assis et je crois que c'est parti pour jusqu'à la maison de retraite, je suis trop vieux pour changer maintenant! Pourtant, j'ai essayé pendant un moment d'en jouer comme tout le monde mais je me sentais vraiment gauche et maladroit et j'ai vite renoncé. Il m'a fallu beaucoup d'entraînement pour être à l'aise en chantant assis mais maintenant, cela me paraît tout à fait naturel — je suis très à l'aise, vraiment."

PS : Depuis 2003 et la période reggae qui a suivi la sortie de l'album Diamonds On The Inside, Ben Harper a finalement pris l'habitude de jouer debout certains de ses titres...

ligne

Patrick Brayer's Starvation Café - Fontana, California - 1986
A l'âge de seize ans, Ben y donne sa première prestation publique, un set de Blues acoustique joué au bottlenek.



Ben Harper
Les 15èmes Transmusicales de Rennes, France - 4 décembre 1993

Ben Harper fait sa première apparition sur une scène française c'est aussi son premier concert donné en dehors des Etats-Unis.

Ben Harper : "La première fois que j'ai joué hors des Etats-Unis, c'est en Bretagne et les gens sont tout de suite rentrés dans le truc, c'était incroyable. C'est vraiment un souvenir qui perdure de façon indélébile dans ma mémoire. Quelque chose de vraiment spécial."



Ben Harper

Les Eurockéennes de Belfort, France - 14h30, 9 juillet 1995

Ben Harper : "Ce concert est fondamental. Il s'est passé un truc ce jour là. L'affiche était superbe; il y avait Jeff Buckley, Page, Plant... Après ça c'était gagné. C'est un des meilleurs concerts de tous les temps, on m'en a reparlé jusqu'au Japon."



Olympia
Olympia - Paris, France - 14 et 15 février 1996



ITW
Les Vieilles charrues - Carhaix, France - août 1999

Ben Harper : "En bretagne, les concerts sont extras, les gens sont extras. Tout sort de l'ordinaire. J'ai pu visiter un peu la région, la côte, j'ai vu les menhirs, les vieilles pierres. C'est splendide quand on prend le temps de la découvrir, ça ma beaucoup plu." | Photo © Music Planet - La Sept-Arte, SFP - Morgane Production - G. Pont, G. Lacroix

Ben Harper
"Avant d'entrer en scène, JP Plunier jette le drapeau breton sur les épaules de Ben. David Leach et Juan Nelson le déploient derrière lui pendant que Dean Butterworth assure le rythme à la batterie. Ils débuteront le set par Like a king."
Photo © Stills / Frank Brenner



HultCenter
Hult Center - Eugene, Oregon - Mercredi 2 juin 1999

Par Richard Robert - Les Inrockuptibles - 8/14 septembre 99 - N°211 - (extrait) : "...Celui qu'on regarde et écoute, là-haut sur la scène, n'a pas gueule barbue ni vocation barbante de prophète. Ce serait plutôt un bel oiseau sur sa branche - un oiseau qui, lui aussi, aurait pu chanter "I have tried / In my way / To be free" (J'ai essayé / A ma façon / D'être libre)..." | lire la suite



Casino
Casino de Paris - 17 Mars 2003

Photos et setlist | voir


ligne

Rapports scène / studio

Ben Harper : "La vie en tournée, c'est le mouvement constant, tu voyages de ville en ville et de pays en pays. En studio tu es dans un environnement immédiatement plus stable et concentré musicalement parlant, pour lequel il faut garder un rythme soutenu. Si tu te laisses aller, j'ai l'impression que ça s'entend dans le son général de l'album. Jouer en concert est le meilleur moment de la journée et même de ma vie: j'adore ça. C'est comme faire un disque tous les soirs. Ca te fortifie et ça te prépare pour le studio. Un an et demi de tournée, ça se rapporte au studio. Tu vois les progrès, tu fais des choses inédites, c'est vraiment stimulant. Live, tu n'as pas de chance de te rattraper; quand c'est fait, c'est fait. Au moment d'aborder l'enregistrement de The Will To Live, j'étais confiant comme je ne l'avais jamais été; je terminais juste une tournée qui s'est étalée sur environ trois ans, pratiquement depuis le premier album."

"Musicalement, c'est un peu différent mais sur scène je peux me débrouiller même sans les bandes à l'envers et autres effets réalisés en studio... Les cordes électrifiées ont constitué les premiers instruments électroniques. Il y a toute une série de cycles et de fréquences où si tu joues une note, l'électricité la reproduit un octave plus haut ou plus bas, avec la quinte en supplément. Le studio diffère bien sûr de l'environnement d'un concert. D'un côté, on dispose d'éléments comme le multi-tracking, les overdubs, plus de temps pour expérimenter, de l'autre une énergie et un impact qui doivent beaucoup au public. Cela donne une forme différente aux chansons mais je me sens à l'aise sur ces deux terrains qui s'enrichissent mutuellement."


ligne
:: www.swer.net :: 1999-2006 | credits |