Ben
Harper : "Il est assez difficile de dire ce
que fut le premier disque que j'ai écouté
— ce serait comme parler de mon premier repas. La
musique m'appelle depuis que je suis tout petit, elle résonne
fort dans mon coeur. Il y avait toujours de la musique chez
moi, de styles très variés. Après avoir
écouté ceux de mes parents; le premier disque
que j'ai choisi d'écouter, vers l'âge de dix
ans, c'est un enregistrement de Jimi Hendrix." |
 |
 |
Ben
Harper : "La première fois que je l'ai
entendu (sur un disque pirate que j'avais payé deux
dollars), je me suis dit que ce type n'était pas
humain. Il ne pouvait pas l'être, c'était tout
simplement impossible. Prenant une voix étrange,
il chuchote: ce mec-là venait d'un autre monde, de
très loin. Il n'était pas comme nous... c'était
de la magie qui s'échappait de ses doigts. Ses notes
étaient pleines de goût. Il y a un tel esprit,
une telle âme et une telle force dans ses notes! Beaucoup
de joueurs les gaspillent mais chez Jimi, chaque note était
pleine de pouvoir. Musicalement, il a non seulement poussé
le Rock dans ses derniers retranchements, mais il a littéralement
sculpté dans la matière sonore."
"Il est le premier à m'avoir fait prendre conscience
que la musique était le cinquième élément,
au même titre que l'air, la terre, l'eau et le feu."
"Quand mes parents se disputaient, j'écoutais
Jimi et je me sentais mieux. En tant qu'enfant, il a été
un refuge. Je mettais le casque sur mes oreilles avec Hendrix
à fond et je m'évadais. Sa musique me rend
heureux, elle est comme un lien privilégié
qui me met en connexion directe avec son âme."
"Plus tard, lorsque mon père et mon grand-père
m'ont fait découvrir le blues, j'ai compris qu'Hendrix
était son fils spirituel. Tout le monde disait que
son style était révolutionnaire mais imaginez
sa musique sans électricité et vous verrez
que Jimi était l'un des leurs, un type de la trempe
des plus grands; Blind Willie Johnson, Buddy Guy, Muddy
Waters ou Son House. C'est pour ça que je l'aimais
tant. Pour moi, c'est évident, Hendrix n'a jamais
été un rocker."
"Des gars comme lui sont incomparables. Je l'écoute
tellement qu'il faut bien que cela ressorte quelque part
dans mon inspiration. Quand on me compare à lui,
je ne le prends pas au pied de la lettre. Hendrix est un
classique — il a inspiré tous les guitaristes
et je ne suis qu'un de ceux-là."
"Purple Haze et The wind cries Mary étaient
mes hymnes de chevet." |
| "En
tant que musicien, mon rêve serait d'apporter le même
plaisir à ceux qui m'écoutent que celui que
je ressens lorsque je mets un de ses disques. Sa musique
me rend tout simplement heureux, elle est comme un lien
privilégié qui me met en connexion directe
avec son âme." — Extrait de la préface
écrite par Ben Harper pour "Jimi Hendrix",
par Olivier Nuc, Librio musique n° 342, EJL 2000. |

|
| Photo ©
Adrian Boot / Illustration © Amy Guip |
Ben Harper découvre
Bob Marley lors d'un concert donné sur une plage
de Santa Barbara : "Je n'oublierai jamais ce jour —
le premier concert de ma vie. C'était en 1978. Tout
le monde fumait des joints. Ils tournaient dans le public
pendant toute la nuit. Des trucs énormes! Ils tournaient
sans cesse, c'était dingue, toute les cinq minutes
y en a un qui passait devant moi. J'avais neuf ans et avec
tout ça j'étais complètement stone."
"Je m'en souviens comme si c'était hier. En
rappel, il a chanté "Get up Stand up",
rejoint sur scène par Peter Tosh. Bob n'avait plus
de voix mais la foule le portait en lançant "Don't
give up the fight" ("n'abandonne pas le combat").
Je n'en croyais pas mes yeux. C'a été le plus
grand moment musical de ma vie. Mon père a filmé
tout le concert. En rentrant chez moi, j'étais déterminé
à devenir chanteur."
Le 4 décembre 1999, à Oracabessa Bay -
Jamaïque, lors du concert hommage à Bob Marley
"One Love : The Bob Marley All-Star Tribute",
Ben Harper interprète cette chanson fétiche
"Get up Stand up", accompagné par les Wailers.
"Il était universel, tout le monde peut se retrouver
dans ses chansons. J'ai les pieds sur terre, la tête
sur les épaules, je sais qui je suis et je sais que
Bob Marley était plus qu'un homme... je le sais.
Il représentait un dieu vivant et je suis de son
église. Je le dis sans aucun fanatisme.
"Quand un politicien a-t-il dit un truc qui vous a
remué les tripes pour la dernière fois? Moi,
les disques de Bob Marley me démolissent. Marley
se connecte à nos âmes. Aucun politicien ne
fait cela. Aucun ne parle au nom de l'espoir. On en a marre
de leurs mots vides, de tous ces discours bidon, de ces
déclarations factices. Il faut rester pragmatique:
aucune chanson ne supprimera la bombe atomique, aucun refrain
ne changera le monde mais Marley, c'est l'espoir de bouger
cette merde. Nous vivons dans un monde cynique."
"Si on ne tire que ça - désignant d'un
geste de la main, une infime partie - de mes chansons par
rapport à une chanson de Marley, c'est que je suis
sur la bonne voie. Si je faisais passer un dixième
de son feeling, ce serait déjà pas si mal."
"Je joue aussi souvent que possible avec ses anciens
musiciens (Al Anderson, Tyrone Downie)." |
| Ben
Harper : "Hendrix et Marley sont tout simplement la
perfection! Au niveau du son et de l'émotion véhiculée
par la musique, on n'a jamais fait mieux. En les écoutant,
tu ressens des sentiments différents mais spirituellement,
ces deux musiciens sont identiques. Ils ont tous les deux
tant apporté à la musique. Ils ont créé
les bases de ce qui peut se faire aujourd'hui. Ils avaient
chacun leur propre style mais au final, ils me semblent
liés dans l'approche qu'ils avaient de la musique.
Une sorte d'exutoire, un état de transe qui leur
donnait à chacun un côté magique phénoménal.
Lorsque je reprends un de leurs titres sur scène,
j'espère simplement pouvoir leur rendre justice sans
dénaturer l'émotion apportée dans telle
ou telle compo. Rien ne pourra jamais égaler les
originaux et c'est la raison pour laquelle j'essaye que
mes reprises soient assez différents de leurs créations."
|
| Taj Mahal
et Mississippi John Hurt, Newport Folk Festival, 1963 |
Photo © David Gahr |
Ben
Harper : "Le blues est l'un des esprits musicaux
les plus forts qui ait jamais béni la Terre. Le blues
est la chanson éternelle du coeur humain."
"Le blues acoustique reste la base de ma musique. Celui
des années 30 est pureté et idéal musical.
C'est la fondation même de ce que je fais, rien ne
pourra m'en détourner. Ce blues s'est bien sûr
un peu dilué sous l'influence de Hendrix ou Marley
et si Burn To Shine fait moins ressortir ces racines musicales,
ça reste et restera pour moi ce vers quoi je tends,
la perfection, l'émotion à l'état pur."
"Le problème de la musique actuelle, c'est que
les gens ne connaissent pas les racines de celle-ci. Plus
tu connais les bases de la musique que tu fais, plus tes
fondations sont solides. Il faut connaître ses racines,
sans cesse explorer le passé. On pourrait passer
sa vie à cela. Il faut donc commencer tôt pour
en tirer quelque chose."
"Les phrases du type "I want to be ready to put
on my long white robe", sont issues du vieux Delta
blues et du Gospel. Ce titre provient directement de cette
tradition. Cela parle de rédemption pour gagner une
meilleure vie après la mort."
"Bye, bye, I'm going to see the king", la
chanson cachée de l'album Welcome To The Cruel World
est un blues popularisé par Blind Willie Johnson
dans les années 20.
"J'aime tout ce qu'a fait Son House, Robert Johnson
ou Mississippi John Hurt - mon artiste de blues préféré
- mais aujourd'hui, en 1999, je ne peux pas dire que je
suis prêt à reprendre le flambeau du blues.
Je ne ressens pas assez le blues instinctivement pour accomplir
ce qu'ils ont fait. Ce que je sais c'est que le jour où
on m'appellera, je serai prêt. Donnez-moi quelques
années..."
Mississippi John Hurt
Ben Harper : "Il fut presque
un genre à lui tout seul. Au même titre que
John Lee Hooker, Son House ou Bukka White. J'ai toujours
été davantage intéressé par
les musiques acoustiques. Par exemple, lorsque j'ai découvert
John Hurt, j'ai également entendu Howlin' Wolf et
Muddy waters pour la première fois mais leur musique
ne me parlait pas de la même manière que celle
de John Hurt."
"Le jour où je l'ai entendu pour la première
fois, j'ai su qu'il fallait vraiment que j'aille dans cette
direction."
"Ses chansons sont les premières que j'ai
appris à jouer. Il est l'un de mes principaux inspirateurs
pour mon travail de la voix et mon jeu de guitare.
Ce type, dont la principale préoccupation était
de prendre sa guitare et de chanter ses petites chansons
enregistre ses disques en 1928; pas beaucoup de répercussions,
la crise aidant, il repart dans sa ferme. Et plus de trente
ans après on vient le chercher, lui qui n'est même
pas au courant que ses vieux 78 tours en ont fait un personnage
culte pour les groupes des sixties anglais et les folkeux
américains. Ce type génial n'avait jamais
rien demandé à personne. Sans me comparer
à lui, mon aspiration est la même: mes disques
se vendent... tant mieux. Ils ne se vendent pas... tant
pis, je continuerai quand même à faire de la
musique."
Robert Johnson |
 |
Ben
Harper : "Je devais avoir seize ans environ
quand j'ai commencé à jouer du blues. J'ai
appris à jouer tout seul en écoutant notamment
les disques de Robert Johnson. J'apprécie la qualité
de sa voix, ses paroles et sa technique à la guitare."
"J'écoutais tellement ses disques qu'ils étaient
rayés." |
"J'ai
passé la première année à casser
les cordes. Robert Johnson jouait tellement haut, il avait
une voix tellement aiguë... J'utilisais des cordes
très, très légères mais malgré
cela je continuais à les casser. Jusqu'au jour où
j'ai vu une photo de lui avec un capodastre sur le manche
(photo ci-contre)."
Les grands interprètes du blues | plus
d'infos |
 |
Slide guitariste
de Claremont, David Lindley connaît Ben Harper depuis
son plus jeune âge. Il avait l'habitude de fréquenter
le Folk Music Center. Sur Pleasure and Pain - Cardas Records
1992, Ben Harper reprend l'un de ses titres, "Pay the
Man".
Plus d'infos sur | David Lindley
|
 |
Slide guitariste,
également originaire de Claremont, c'est l'auteur
de "Whipping boy", un titre repris sur l'album
Pleasure and Pain - Cardas Records 1992 et sur Welcome To
The Cruel World.
Plus d'infos sur | Chris Darrow |
 |
Ben
Harper : Je suis un grand fan de Led Zeppelin, je
connais tous leurs disques et ce qui m'impressionne le plus
c'est la manière dont ils arrivent à faire
sonner les instruments acoustiques. Led Zeppelin a probablement
beaucoup appris de Robert Johnson."
Albums de référence: Led Zeppelin III et IV.
Titre de référence: "Kashmir" -
souvent associé en Live à Voodoo Child (Slight
return) de Hendrix. "Over the hills and far away".
Plus d'infos sur | Jimmy Page
|
Ben
Harper : "J'adore les Pink Floyd également,
j'estime qu'on ne fera jamais aussi bien que Dark Side Of
The Moon." |
 |
Ben
Harper : "Dire que la guitare rythmique de "Glory
and consequence" rappelle celle de Kurt Cobain est
un compliment parce que j'aime beaucoup Nirvana.
Je crois que le jeu de Kurt Cobain, sans être totalement
sous-estimé, n'est pas reconnu à sa juste
valeur. J'adore ses rythmes. Il avait un instinct exceptionnel.
Pourtant le dernier des disques de Nirvana ne place pas
sa guitare suffisamment en avant." |
"Lorsque j'achète
l'un de ses albums, je fais mon remix personnel; la guitare
et la voix de Kurt sur les deux canaux et la section rythmique
sur un seul canal, cela transforme complètement l'écoute."
Ben Harper a joué en première partie des Foo
Fighters (groupe de David Grohl - ancien batteur de Nirvana)
le 31 Mai 1998 à l'auditorium de Colorado Springs,
CO. |
 |
Ben
Harper : "Depuis que j'ai jammé avec
Pearl Jam, la pulsion électrique est devenue une
partie importante de mon son. Je joue souvent avec Mike
McCready et Stone Gossard."
Photo © Ben Harper et Eddie Vedder interprétant
"Indifference" le 11 septembre 1998 au Madison
Square Garden, New York City, NY |
Ben
Harper : "Jeff Buckley est totalement méconnu
aux USA. C'est une frustration énorme. Pourquoi les
radios US n'ont-elles pas diffusé "Grace",
c'est ridicule. Ce disque est tellement phénoménal.
Il deviendra de plus en plus populaire, culte, c'est évident." |
Ben
Harper : "Historiquement, il y a eu des chansons
fortes, comme "Let it be". Je me dis que je ne
parviendrais jamais à faire des disques de ce niveau
là. Alors j'essaie de trouver une nouvelle voie,
de défricher mon propre jardin pour apporter quelque
chose de neuf mais c'est très dur." |
Ben
Harper : "J'ai toujours adoré Charlie
Parker pour sa capacité à faire de son instrument
autre chose que de la musique sortant d'un saxophone. Avec
le slide, on peut atteindre des sensations quasi-symphoniques.
J'ai même des sons dans ma tête que je n'ai
pas encore réussi à transposer sur mon instrument.
C'est un challenge démentiel! Je n'ai pas vraiment
d'influences purement Jazz car c'est un monde complètement
à part dont les sonorités se distinguent vraiment
des miennes mais je revendique la méthode jazz; toute
d'improvisation. Par exemple, je ne comprends pas ceux qui
écrivent leurs solos à l'avance."
The Innocent Ciminals :
Dean Butterworth (batteur) est jazzman de formation. Juan
Nelson (bassiste) a étudié le jazz après
avoir commencé par le gospel, la soul music et le
blues. David Leach (percussionniste) a quant à lui
grandi en écoutant du Jazz. |
 |
Ben
Harper : "Quand j'étais jeune, j'étais
préparé au rap puisque mes parents mettaient
des disques de Gil Scott Heron à la maison."
"Bien qu'élevé dans une atmosphère
baignée par toutes les musiques, le rap fut ma première
grosse claque. La part rythmique de ma musique vient de
ma passion pour le Hip-Hop, un genre où cette partie
équivaut à un battement de coeur. C'est naturellement
que j'ai intégré cet élément
à quelque chose de plus acoustique. Je préfère
mille fois un bon DJ à n'importe quel branleur de
manche surestimé."
"J'aime certains disques de Hip-Hop et on peut l'entendre
dans ma musique. Il faut juste faire un petit effort ou
alors, il faut écouter nos remix. Celui de Like a
King par exemple. Ce n'est pas un sample, c'est de la vraie
batterie parce que j'ai le privilège de jouer avec
de vrais musiciens."
"J'aimerais vraiment participer à un album avec
les Roots ou Public Ennemy. J'aimerais bien bosser avec
Snoop Doggy Dogg, j'adore son flot de tchatche. J'adorerais
aussi que Eric B et Rakim se réunissent à
nouveau pour faire quelque chose avec eux."
Ben Harper a assuré la première partie des
Fugees en décembre 1994.
12/08/94 - 9:30 Club: Washington, DC — 12/14/94 -
Opera House: Toronto, ON, Canada — 12/16/94 - The
Metro: Chicago, IL — 12/17/94 - First Avenue Club:
Minneapolis, MN. |
 |
17 décembre 1994 - First Avenue
Club, Minneapolis, en première partie des Fugees
| source :
www.benharper.net |
Ben
Harper : "J'aime les authentiques joueurs de
Folk. Je ne veux pas parler de ceux du circuit des années
60 mais des musiciens du folklore américain et international,
ceux qui jouent de la musique Sénégalaise,
Afghane, Irlandaise ou autres, la musique de la Louisiane,
le Country-Rock...
La musique traditionnelle celtique a beaucoup influencé
la musique que je fais. Dans quelques chansons on a intégré
des sonorités celtes." |
Ben
Harper : "J'adore la vieille Country, pas la
nouvelle qui a perdu ses racines. Il y a trois chanteurs
fondamentaux de Country: Jimmie Rodgers, Lefty Frizzell
et Hank Williams. J'écoute également, Georges
Jones."
Le 12 novembre 1999, à Nashville, au Ryman Auditorium
- haut-lieu de la Country - Ben Harper entame son concert
par 9 titres en solo acoustique (Ashes, By my side, Waiting
on an angel, Widow of a living man, Walk away, Beloved one,
Another lonely day, In the lord's arms, I shall not walk
alone). Il les dédie aux grands joueurs de Country
qu'il a écouté dans sa jeunesse. Il cite notamment
Dolly Parton et Emmylou Harris. |
 |
...
Ben Harper : "Lowell
George et Duane Allman des Allman Brothers. Derek Trucks,
Kelly Joe Phelps, Warren Haynes de Gov't Mule. Rory Black
est formidable, elle joue au bottleneck. Il y a une autre
femme vraiment extraordinaire avec qui j'aimerais bien jouer
mais nos deux agendas ne correspondent jamais, elle s'appelle
Cindy Cash Dollar, elle est d'Austin, Texas et joue beaucoup
de Bluegrass. Elle joue sur Dobro et Weissenborn. La fille
des Dixie Chicks est pas mal non plus, j'ai un disque d'elles
et elle est bonne. Je ne sais pas comment elle s'appelle."
"J'écoute Eric Bibb, Keb'Mo, Corey Harris, Otis
Redding, Rage Against The Machine (Zak est un type chouette
comme tous les membres du groupe d'ailleurs), Won Santo
Condo (c'est un groupe d'Austin. Ils font un truc entre
Jeff Buckley et Soundgarden - Ils ont assuré
la première partie du concert de Ben Harper à
l'Orpheum Theatre, New Orleans, LA, le 18 novembre 1999)."
"J'aurais aimé traîner avec Elvis Presley
— c'était un mec cool."
Côté musique française, il connaît...
un peu : "Malheureusement, je ne connais aucun musicien
français sinon, Daft Punk et celui qui écrivait
de merveilleuses paroles très intelligentes, il est
mort... il fumait beaucoup... ah oui, Serge Gainsbourg."
Ben Harper : "Chanteurs de blues ou rappeurs, je me
sens proche de tous les musiciens du monde."
"J'écoute toutes sortes de musiques, pas seulement
en critique mais en essayant de comprendre ce qui s'y passe,
comment elle sont structurées. J'essaie de faire
preuve d'ouverture d'esprit car on apprend beaucoup plus
de cette façon.
Même si c'est de la musique que je n'aime pas, ça
ne m'ennuie pas de l'écouter parce que qui sait?
Il peut y avoir de bonnes idées. On peut en tirer
une rythmique ou un son de basse."
"Inconsciemment tu gardes toujours en tête une
mélodie qui t'as plu et tout artiste est tributaire
de ce qu'il écoute."
JP Plunier : ...avant l'enregistrement
de Burn To Shine, lui, ma copine et moi, on est allés
faire un petit voyage de surf. On a chargé les planches,
on est parti vers Malibu et pendant le voyage, je passais
plein de choses différentes: du Bowie, AC/DC, Black
Sabbath. Ben est peu comme une éponge; quand il écoute
des choses, il les ressort à sa manière, je
le sais depuis longtemps. Il y a des choses de ce voyage
qui ont été absorbées et qui sont ressorties
dans Burn To Shine de façon très intéressante,
comme sur "Less". C'est vachement Sabbath.
Ben Harper : "Les gens sont
étonnés que je puisse m'inspirer d'autres
artistes sans chercher à les imiter. C'est la raison
pour laquelle ils font toutes ces comparaisons. Il m'a fallu
exprimer quelque chose de différent. Je joue dans
un style musical qui m'est propre et on ne peut me mettre
aucune étiquette. Enfin j'espère, parce que
je ne peux pas donner de définition à ma musique.
Je n'ai d'ailleurs jamais essayé de le faire, c'est
sans intérêt."
"Ce qui me passionne, c'est de concilier les extrêmes.
Nirvana rencontrant Mississippi John Hurt, c'est le noyau
de ma fusion personnelle, avouez que cela à de quoi
inspirer. Chez JP Plunier, il y a quatre mille disques vinyle
et parmi eux, il y a aussi bien Public Enemy, De la Soul,
A Tribe Called Quest que des trucs introuvables de Gospel
des années 30. Voilà où ça se
situe. On n'essaie pas de tout représenter dans un
disque, même si beaucoup le croient. On n'essaie pas
de faire un pot-pourri ou une une espèce d'encyclopédie
musicale." |
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Blood in the
tracks
Article par Will Hodgkinson (Guardian, 2003)
| lire
l'article |
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