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Tatouages de Ben Harper


Ben Harper - Frère de sang
Par Teremoana Rapley - 20 août 2001
Avec l'aimable autorisation de Teremoana et selector.soundsnz.com
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- Eh maman, c'est Ben Haami! Je le connais, il est cool! s'exclame mon fils de sept ans.
- Ouais, il est cool, il était chez Oncle Gordon et (sa fille) Wairingiringi! ajoute mon fils de trois ans.
Mes deux garçons faisaient référence au chanteur du clip "Steal My Kisses"... Ben Harper. Ils en parlaient comme s'ils le connaissaient depuis toujours.
- Ah vraiment?
- Ouais, répond l'aîné en me regardant comme si j'étais idiot - Il est Maori!
Sachant que pour mes fils tout le monde devrait être Maori, j'essaie d'en savoir plus.
- Comment ça, il est Maori? ai-je demandé.
- Il a un Moko!

Au téléphone

Teremoana : Allo!
Ben Harper : Allo!
Teremoana : Salut c'est Teremoana! Tu te souviens de moi?
Ben Harper : Bien sûr, la station de radio, c'est ça?
Teremoana : Ouais.
Ben Harper : Comment va JP [Jared Pitman] ?
Teremoana : Il va bien.
Ben Harper : Tu lui passeras le bonjour de ma part s'il-te-plaît.
Teremoana : Ok!
Ben Harper : Tu vois de qui je parle?
Teremoana : Oui bien sûr...

Lors de la tournée de Ben Harper à Aotearoa ("the land-of-the-long-white-cloud", New-Zeland) Virgin Records et Mai FM Auckland avaient organisé une cérémonie de bienvenue traditionnelle (appelée Powhiri) dans les locaux de Mai Fm, dans la banlieue de Grey Lynn. J'ai couvert la cérémonie pour l'émission de TV2, Mai Time. Jared Pitman (JP) était journaliste.

Powhiri

Cérémonie de bienvenue traditionnelle (Powhiri)
Photos © Mai FM Limited. Mercredi 31 juin 2000


Juin 2000

Les événements de la journée se déroulèrent avec l'élégance pour laquelle le Powhiri est réputé. Les discours terminés et les ventres bien remplis, nous disposons alors de quinze minutes pour discuter avec Ben Harper. JP trouva peu à peu ses marques. A la fin de l'interview, les deux hommes s'étaient liés d'amitié.

Ben Harper avait besoin d'un conseil pour passer un cap important de sa vie; ces dix dernières années il avait recherché le style de Body Art qui lui conviendrait le mieux - et il avait décidé que ce serait le style Maori appelé Ta Moko. Après avoir échangé quelques mots avec JP ils décidèrent de rendre visite à Gordon Hatfield, un artist expert du Ta Moko (Tohunga Ta Moko).

Il n'y a pas de doute, Ben Harper a apprécié son séjour. Durant l'interview, il se souvient du moment où il a pris un taxi pour rendre visite à un habitant de Paremoremo qui lui avait fait un Taonga [pendentif en os de boeuf - la photo apparait sur le livret qui accompagne le coffret cd édition limitée]. Il est allé à la prison de la ville pour le remercier. Ni le chauffeur de taxi ni le gardien n'ont vraiment apprécié cette visite.

Mais laissez-moi vous raconter comment Ben Harper est devenu Maori.

Le Powhiri commença dans le chemin menant aux studios de Mai FM. Harper reçu une brève explication sur le principe du Powhiri mais n'avait toujours aucune idée de ce qu'il allait vivre.
Il fut d'abord accueilli par un taiaha-wielding toa [un guerrier équipé d'une arme ressemblant à une lance] à demi-nu dans un costume traditionnel. Il fut ensuite conduit à travers les locaux de Mai Fm jusque dans la cour où il fut accueilli par la chaleur des chants des "brown faces" [référence aux visages foncés des indigènes Maoris].
A plusieurs reprises pendant la cérémonie, Ben ferma les yeux pour mieux s'imprégner de chants dont il ne comprenait pas les mots mais dont il devinait le sens. Puis, suivant le protocole, il pris la parole. Nous ne pouvions pas l'entendre de là où nous étions placés, mais les expressions de son visage nous en laissaient deviner le sens. Et il se mit à chanter.

Harper se souvient d'une chose qui l'avait marqué: le visage de kaumatua Kingi Taurua. Kingi portait un Moko - Kiri Kiore - sur le visage et Harper ne pouvait distinguer ses yeux. "Lorsque Kingi m'a parlé, j'ai eu comme une Epiphanie. J'ai su alors que c'est ce que je recherchais." avoue-t-il. Il suivit donc son instinct et le soir JP l'accompagna dans le studio d'Hatfield situé à Mangere. Harper passa la nuit à discuter avec la famille de ce grand spécialiste du Ta Moko. Il était convaincu qu'Hatfield était l'homme qu'il fallait pour un travail qui allait donner grâce à son corps et à son âme - à vie. Il fut conforté dans cette idée lorsqu'il apprit qu'Hatfield avait réalisé le Moko si impressionnant du visage de kaumatua.

Kingi Taurua
Kingi Taurua © Patricia Steur

Entre deux concerts, Ben avait un jour de repos (le 3 juin 2000). Il en profita.
Il a couvert son dos de tatouage Moko. Plus tard Hatfield s'est rendu à Los Angeles pour finir ses bras. Il réalisa aussi des Mokos pour plusieurs membres de la famille et des amis. Ainsi, le clan Harper restera définitivement rattaché à Aotearoa.

Je lui ai demandé s'il était content d'avoir franchi le pas.
- Yeah man, definitely! répondit-il ému. Je me sens vraiment privilégié. Je sais ce que cela signifie et d'où cela vient. Hatfield aurait très bien pu refuser en me disant que cela était réservé aux Maoris. Je suis conscient qu'une partie des gens pensent que cela doit être réservé aux seuls Maoris mais c'est comme si on venait me dire que ma musique n'était faite que pour les noirs. Cela n'a aucun sens. L'art n'a de sens que s'il est s'il partagé.

- Je te le dis, Ben Haami est Maori!

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photo © Anthony Mandler
photo © Anthony Mandler / www.artmixtheagency.com

tattoos
tattoos
tattoos
gauche - précédent tatouage au bras © Didier Varrin | milieu - précédents tatouages au bras, 25 juillet 2000 © benharper.net / evil vince| droite - tracé des tatouages maoris, MixFest, East Boston, MA, 23 septembre 2000 © mix985.com | cliquez sur les vignettes

tattoos
www.shelter2001.com
www.shelter2001.com
gauche - East Coast Blues & Roots Festival, Red Devil Park, Byron Bay, Australie, 16 avril 2001 l milieu - Jack Johnson, Ben Harper, inconnu, Chris Malloy © Scott Soens / www.shelter2001.com | droite - Ben Harper, inconnu © Britton Callouette / www.shelter2001.com | cliquez sur les vignettes

Cole Clark Mistress (tattoo top)
Cole Clark Mistress (tattoo top)
poster
gauche - Cole Clark Mistress (tattoo top) © Josh Liberman | milieu - Rob Laver Arena, Melbourne, Australie, 05 avril 2003 © benharper.net / evil vince | droite - poster. cliquez sur les vignettes

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Ben Harper : "Well, they're called Maori Body Art called Moko and their symbolism of thousands of years, it reflects where you've been, where you are and where you're going. Their philosophy is that its already underneath your skin and they're bringing it out from underneath you. What I love about Moko is they incorporate the skin as part of the design as much as the ink itself. I've got some that are just healing up as we speak!"

"There was pain involved, but it's a part of it. A process to what it means. A sort of initiation. It's a symbol of your life... An extension of what's already beneath your skin."

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Gordon Toi Hatfield
Gordon Toi Hatfield © Patricia Steur

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Dedicated by blood
Dedicated by Blood
Whakautu ki te toto - Renaissance of Ta Moko

by Patricia Steur and Gordon Toi Hatfield
source : www.reed.co.nz

Dedicated By Blood is the result of four years of intensive collaboration between Steur and Hatfield. Their shared passion for the Maori culture resulted in beautiful photographs that not only uncover the soul of Ta Moko, but also the pride of a clan intimately revealing the artistry and essence of Gordon’s designs. The body became the ‘wood’ for the artist and a symbol of the history of the clan and culture. This book reflects the renaissance of the Maori culture through the meaning of Ta Moko.

Gordon Toi Hatfield (1964) is a New Zealand artist of Maori descent and a graduate of the Maori Arts & Crafts Institute. At his graduation he received the Sir Henry Kalliher Student of Honor award for his talents. Gordon has had several gallery exhibitions in both New Zealand and The Netherlands. He has designed Maori meeting houses where he personally executed the intricate wood carvings. In doing so, Gordon has had the sole responsibility for the artistic interpretation of his tribal history. As an actor Gordon played roles in several films, including The Piano, and received the Best Actor Award at the New Zealand Film and TV Awards. Hatfield was nominated for the TV Guide New Zealand Television Award for Best Contribution to Design for his work as Maori Production Designer. In the mid nineties he achieved gteh status of Top Warrior after a long training in Maori disciplines. Thereafter he was a role model for Maori youth and gave his support to rehabilitation programmes at schools. The art of wood carving was a precursor to the art of traditional Maori tattoo, ta moko (carved skin). The move to ta moko was a natural progression for a carver who understands the meaning and application of the patterns; the wood-based medium became skin-based. Today Gordon enjoys great international fame as a moko artist and plays a leading fole in the worldwide reintroduction of indigenous tattooing.

Patricia Steur (1948) is an internationally recognised Dutch photographer. Out of 6,000 professional photographers active in The Netherlands, Patricia is ranked fifth by De Fotograaf, the country's leading magazine for professional photographers. Her work has been published in most well-known Dutch magazines, as well as international publications. Her frequent exhibitions have included portraits of musicians, authors, actors and other celebrities, including Andy Warhol, The Red Hot Chilli peppers, Keith Haring, Dennis Hopper, Stevie Ray Vaughn, John Hyatt, Jan Cremer and Ringo Star, among others. Her interest in the art of tattooing and the history of its origins has developed into a passion. Capturing vanishing cultures and their tribal tattoos - the source of all contemporary tattoo art - is a main ingredient of this passion.

Plus d'infos | www.patriciasteur.com


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