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"Je fais
vraiment un effort pour vivre en accord avec mes
paroles. Ce qui ne veut pas dire que je suis exactement
comme dans mes chansons." — Ben Harper |
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Ben
Harper : "Le message de paix doit être
transmis à chaque génération. On ne
mise pas assez sur la paix. Je ne sais pas comment l'humanité
s'est retrouvée dans cette impasse, aujourd'hui la
paix est prise bien moins au sérieux que la violence.
La violence est devenue naturelle et la paix presque un
mythe."
"Ne vaut-on pas mieux que cela? Doit-on céder
à l'instinct violent de l'espèce humaine?
On maîtrise l'atome, la fusion de l'atome, l'informatique...
à quoi bon si on ne peut vivre en paix. Ce serait
le plus grand progrès. Les savants ne m'épatent
pas. Aller sur Mars pour tout foutre en l'air... Traiter
Mars comme la Terre... Y a du boulot à faire ici
avant d'aller claquer tout ce fric pour détruire
une autre planète. Si les savants veulent m'épater,
qu'ils se branchent sur la vibration de la paix pour la
répandre. Je suis peut-être ridicule à
parler de paix avec des gens qui sont si loin de cela...
—"Voilà Ben Harper et son couplet sur
la paix dans le monde." —J'en parle peu en public
car c'est un sujet délicat, mais il le faut."
"Le plus étonnant chez Martin
Luther King, c'est qu'il respirait la paix: elle émanait
de lui, de tout son être, du moindre regard, du moindre
geste. Quand on en est là, on peut avancer. C'est
LE grand homme, un des êtres les plus pacifiques que
le monde ait connu; tout était prière pour
lui et c'est exactement la voie à suivre."
"J'ai du sang indien dans mes veines: des origines
Cherokee du côté de ma grand-mère paternelle.
Je sais ce que c'est que de se sentir opprimé - mes
ancêtres ont été exterminés -
mais pourtant, à mes yeux, rien ne justifie la violence.
J'appartiens à une race que l'histoire a oubliée;
à l'école, on ne m'a jamais parlé des
miens. A la maison, j'ai lu des dizaines de livres sur les
Indiens, j'ai pleuré en apprenant la réalité.
J'aurais donc toutes les raisons de sombrer dans la haine
et pourtant, c'est plus fort que moi, l'amour l'emporte..."
"Vous envoyez une vibration positive, elle vous revient
décuplée." |
Ben
Harper : "Je n'aime pas la religion, j'aime
juste Dieu. La religion est souvent une insulte à
Dieu. L'esprit est un accomplissement de l'Etre tandis que
la religion divise l'humanité et je ne veux pas soutenir
ça." |
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"On me voit prier
sur la pochette de Fight For Your Mind parce que je prie
tous les jours. Si tu ne pries pas, tu ne peux pas vraiment
être humble. Je parle pour moi, c'est une déclaration
très personnelle, qui vient du coeur.
Tu n'as pas besoin de te mettre à genoux pour prier,
tu peux prier debout mais tu dois te mettre à genoux
pour remercier, montrer ton humilité face à
Dieu et à la Terre. L'humilité est quelque
chose de très important. Je me mets à genoux
pour exprimer ma reconnaissance pour chaque moment de ma
vie, pour chaque respiration que je prends, pour mes capacités." |
"Le Dieu dont je
parle, c'est la Création. C'est une force en mouvement
sur Terre. C'est le créateur de la Terre et des Cieux,
le roi des anges et le père de la lumière.
C'est le père de l'Evangile, c'est la nature, les
arbres, les vallées... tout ce qui provient de la
Terre.
Je sais que l'on doit avoir foi en un esprit plus grand
qu'un seul individu. Je sais que l'on doit apprendre à
donner au lieu de prendre. Je sais que chacun doit mériter
ce qu'il demande. Il faut savoir respecter les autres.
Je voue ma vie, avec foi et amour au Grand Tout qui ne désire
que paix et bonté mais je ne suis pas religieux.
Au début, je voulais devenir curé ou pasteur,
enfin un truc dans ce genre mais je me suis rendu compte
que même si j'avais cet immense amour de Dieu en moi,
cela n'était pas suffisant pour entamer une vie faite
de renoncements et de semi-frustations..."
"Entre le spirituel, le coeur généreux
et le dur labeur, il y a le progrès de l'humanité.
Je pense que notre génération a le potentiel
de faire mieux que les précédentes pour l'avenir
de l'humanité. Nous devons changer nos mots en actions.
Car à moins que les mots, les philosophies et les
croyances ne se changent en action, les mots n'ont aucun
sens, la philosophie n'a aucun sens." |
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"La spiritualité
est mon moteur, mon oxygène, elle est présente
en chacun de mes actes. Chaque respiration, chaque souffle,
chaque mouvement est une prière, y compris le fait
de mettre des chaussures ou de prendre une guitare. La spiritualité,
c'est beaucoup plus important pour moi que n'importe quel
accord de guitare bien torché, plus important qu'une
phrase assassine et vengeresse trouvée à deux
heures du matin!"
Photo © Intervision / Liaucous |
"Bob Marley était
plus qu'un homme... je le sais; il représentait un
dieu vivant et je suis de son église. Il y a différents
éléments dans le rastafarisme, différentes
tribus. Une fois que tu as compris cela, tu peux mettre
en relation ce qui vient de ton propre système de
croyance et celui-là. Cela devient alors ton propre
système de croyance. Je ne proclame cependant pas
que ma religion est meilleure que celle des autres. Je ne
vois pas pourquoi les gens sont si "hard-lined".
Tu peux être juif et bouddhiste, tu peux être
rasta et tout ce que tu veux, cette Terre n'a pas été
créée pour être obligé de croire
en une seule chose. D'ailleurs personne ne croit en une
seule et unique chose; il y a différentes croyances
et chacun a le droit de croire en un ou plusieurs dieux.
Tu peux prendre un peu de la sagesse de tous les systèmes
qui existent et les combiner en un seul, établir
ainsi ta propre communication avec le Tout Puissant.
Personne n'a le droit de dire que sa connexion avec Dieu
est plus proche ou plus sincère que celle des autres,
à cause de ce qu'ils croient. Dieu ne ferait pas
de ségrégation. Si tu ne crois pas ceci, tu
es dans le faux; ce n'est pas la parole ni la sagesse divine,
c'est l'égoïsme de la nature humaine."
"Croire c'est aussi croire que l'on ne croit pas. Je
sais que Dieu aime les athées. Ils sont athées
mais ils aiment quand même Dieu, sauf que cela signifie
autre chose pour eux. Ce peut être une montagne ou
un arbre ou la bénédiction d'un lever de soleil.
Ils ont le droit de penser que Dieu c'est ça." |
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Ben Harper
: "Je trouve que c'est une image assez parlante. C'est
le résultat d'un essai nucléaire. C'est un
troupeau qui a bu dans un plan d'eau situé à
cinq ou dix miles du site de l'essai nucléaire et
qui en est mort. C'est le viol de la nature par l'homme
et je pense qu'il est nécessaire de montrer ça
aux gens."
Photo © Richard Misrach |
"Au-delà de
ça, c'est aux gens de trouver la signification de
ces images. Si tu réfléchis sur les paroles
de mes chansons, tout devient alors très clair et
tu comprends ce que je veux dire. Je ne veux pas donner
de sens précis et empêcher les gens de réfléchir.
Je n'ai pas à donner davantage de détails
pour que les gens interprètent ce que j'ai voulu
dire. Peut-être d'ailleurs que le sens évolue
encore pour moi."
"Je préfère être damné que
de quitter ma maison sans éteindre les lumières,
de jeter des ordures par terre, de ne pas arrêter
le robinet pendant que je me brosse les dents... Ce sont
de toutes petites choses dont il faut prendre conscience,
elles peuvent changer le monde. Un petit pas pour chacun,
un grand pas pour l'humanité." |
"Le
Baron Perché" - Rencontre avec Julia Hill (Butterfly)
Par Richard Robert - Les Inrockuptibles - 8/14 septembre
99 - N°211 - (extrait)
Ben Harper : "Il y a un peu plus d'un an, on m'apprit
qu'une jeune femme très étonnante appréciait
mon travail. Elle répondait au nom de Julia Butterfly
et d'après ce qu'on savait d'elle, elle habitait
depuis plusieurs mois en haut d'un séquoia de la
forêt californienne, d'où elle refusait obstinément
de redescendre..." |
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"Politiquement, les
Etats-Unis sont morts."
"Depuis que je voyage - en Europe mais également
à travers le continent américain - j'ai un
tout autre regard sur la communauté Noire, sur son
avenir et ses perspectives. Ce que je vois me fout la trouille
car l'esclavage existe encore. C'est terrifiant, mais je
viens de me rendre compte que les Noirs sont toujours des
esclaves. Non pas les esclaves des Blancs, mais des idées
reçues, des mensonges véhiculés par
la télé, le cinéma, une partie de la
presse. Pour beaucoup d'Américains Blancs, le Noir
est un être violent, méchant, aigri, qui vole
et se drogue. En vérité, la consommation de
came touche beaucoup plus de Blancs, de gens des classes
moyennes et supérieures. Les Noirs n'ont pas les
moyens de se payer de la poudre. Ce sont les employés
de bureau de Los Angeles et de New-York qui se cament, des
mecs qui roulent en Mercedes. Et ça personne n'en
parle. Pas de reportages à la télé
sur les petits bourgeois qui se cament, pas d'articles dans
les journaux. Tout ce dont on nous parle, c'est des gangs,
des "Crips", des "Bloods". Comment s'étonner
alors que la petite mamie du Missouri me regarde avec suspicion
quand elle me croise dans la rue? En vérité,
elle ferait mieux de se méfier de son voisin, le
jeune avocat si gentil en apparence...
Aux Etats-Unis, la minorité des Blancs aisés
protège la minorité des Blancs aisés.
Le pays ne fonctionnera vraiment que lorsque toutes les
catégories sociales et raciales seront représentées,
Blancs de classes populaires, Noirs, Hispaniques, Asiatiques.
Voilà à quoi on devrait consacrer tous nos
efforts et l'argent du pays; à la représentation,
qui est la seule issue pour les peuples. Ici comme ailleurs,
l'homme de la rue n'est pas représenté. Personne
ne parle en son nom." |
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"La situation est
tellement désespérante que cela devient frustrant
d'en parler. Il est impossible d'avoir une discussion intelligente
à propos de l'entropie d'une société
dont la seule constante semble être le développement
du chaos."
Photo © Vincent Lignier |
"La Californie illustre
les vicissitudes d'un pays qui tend vers les extrêmes
plus qu'il n'essaie de trouver une harmonie à travers
ses disparités. Vous allez avoir un type dans une
villa qui gagne 20 millions de dollars pour trois semaines
de travail sur le tournage d'un film, à cinq kilomètres
de chez lui, vous trouverez une famille nombreuse vivant
dans une caravane et en marge de la société."
"Il y a un vrai problème dans cette ville de
Los Angeles, entre ce qui se passe réellement et
la perception que les gens en ont. Les politiciens cautionnés
par les médias en donnent une image complètement
dénaturée. D'un côté il y aurait
le glamour d'Hollywood qui doit concerner à peu près
1% des gens et de l'autre, l'extrême violence qui
contamine les quartiers chauds mais il est impossible de
réduire une ville comme Los Angeles à une
vision si manichéenne. A force de répandre
la peur et la paranoïa dans le coeur des gens, les
médias les conditionnent en s'éloignant chaque
jour un peu plus de la vérité. En fait on
ne cherche qu'à éviter de nouvelles émeutes
en ignorant les problèmes rencontrés par la
population mais l'indifférence n'a jamais rien résolu."
"La mort de Tupac Shakur m'inspire un sentiment de
gâchis et d'impuissance. Je ne le connaissais pas
et je ne sais rien de cette affaire mais il était
trop jeune pour mourir. Chaque fois qu'un Noir en tue un
autre, non seulement il commet un crime, mais il commet
également un suicide. Ici, mes "frères"
s'entre-tuent et ça me rend malade. Parfois, des
gens de l'extérieur demandent si l'on a appris à
vivre avec la violence qui règne à Los Angeles
mais comment pourrait-on s'habituer à vivre avec
une telle absurdité? Ma femme et moi sommes tellement
terrifiés par les infos qu'on ne les regarde plus."
"Le climat social en Amérique est traumatisant.
Il faut en permanence faire attention à soi et aux
siens. Mais c'est surtout à cause du système
social américain que je suis furieux de vivre ici,
pas à cause des individus. Il ne faut plus laisser
les types qui nous gouvernent faire ce qu'ils veulent. L'homme
sur la colline a-t-il pour vocation d'asservir l'homme de
la plaine? Je ne crois pas, il faut que chacun se batte
au quotidien pour aboutir à une transformation absolue
des valeurs de la société. Le coût de
la vie a complètement déréglé
les structures familiales. J'estime que ça devrait
être un devoir collectif de rémunérer
les mères pour qu'elles élèvent leurs
enfants pendant un ou deux ans après la naissance.
C'est à cet âge que tout se détermine,
alors qu'on paie les mères ou les pères, si
c'est la femme qui travaille et l'on aura peut-être
éradiqué le mal à la racine." |
| "Un jour,
j'allais en studio en camionnette et tout à coup,
je vois deux hélicos au dessus de ma tête.
Je me suis dit qu'ils cherchaient quelqu'un. "Jesus,
qu'est-ce qui se passe?" Il y avait des barrières
de police partout, je les contourne, de manière à
aller au studio, je sors de mon véhicule, je compose
le code du portail, je rentre dans la cour, je descends,
il y a des flics partout! Je me dis que quelqu'un doit avoir
dévalisé une banque ou quelque chose comme
ça. Deux secondes après, je vois une quarantaine
de policiers qui surgissent de partout, sans avoir le temps
de réagir je me suis retrouvé face contre
terre avec les menotes dans le dos! |
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| Quelqu'un
qui correspondait à ma description avait volé
un camion, dans le coin. Ils ont cru que c'était
moi. C'est pas un peu bizarre, comme façon de faire?
Tout ce qu'ils avaient à faire, c'était me
demander de me garer sur le bas côté, je l'aurais
fait. Ils ont arrêté tout le monde, JP, le
groupe, tout le monde était en état d'arrestation,
tout ça pour s'apercevoir qu'ils étaient tombés
sur le mauvais mec.
Bien sûr, ils ne se sont pas excusés ces trous
du culs.
La couleur de ma peau a dû jouer, c'est sûr,
mais je crois qu'ils auraient fait pareil si
j'avais été Blanc. Je n'essaie pas d'en faire
une histoire de couleur; ils ont mal agi, c'est tout!" |
"Je ne devrais pas
me mêler de politique, je ne le fais jamais d'habitude.
Je ressens la politique comme la protection des richesses
d'une minorité; la minorité financière
qui vit aux frais de la majorité ouvrière.
On ne peut plus faire confiance aux gens qui ont un mandat
à protéger car leur intérêt se
tourne toujours vers ceux qui possèdent les richesses.
C'est à chacun de faire en sorte d'améliorer
les choses, pour le bien de tous. On vit dans un monde où
tout est rapide; la nourriture, les voitures, tout est "fast".
Personne n'a plus envie de choisir un engagement à
long terme. Tout le monde désire être libre
mais personne ne veut payer le prix de cette liberté.
Dans ce pays, il y a des gens qui meurent de la liberté
accordée aux autres. On autorise chacun à
porter une arme et on s'émeut ensuite lorsqu'un môme
de 10 ans se pointe à l'école avec un flingue.
Qu'est-ce qui est le plus important; la Constitution ou
la vie des enfants?
Les américains sont de sacrés hypocrites;
ils passent leur temps à se plaindre de la violence
mais ils ont tous une arme dans leur tiroir... Les Uzi ne
sont pas fabriqués à Los Angeles, dans les
dépôts de South Central, ils sont importés,
passent les frontières. Il y a des types dans des
bureaux dont le boulot est d'en faire le commerce. Que ces
types-là commencent par changer de job, que les politiciens
s'attaquent à ce commerce scandaleux et alors la
rue pourra retrouver le calme d'antan. Les bébés
noirs ne naissent pas avec des Uzi dans les mains." |
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"La légitimité
de tous les pouvoirs est de protéger les criminels.
Une fois que vous avez compris ça, vous pouvez agir
avec intelligence et méthode."
Poster : The revolution will be colorized © Speed Scott
Hall |
"Pour endiguer cette
spirale, il faut créer sa propre réalité,
son propre pays à l'intérieur de soi. S'entourer
d'amis, d'une famille stable et forte. Aider les gens qu'on
aime, qu'on connaît et continuer à se battre
pour ses idées. C'est d'une naïveté confondante
mais cela fonctionne.
Parler de conscience politique à l'échelle
d'un pays est irréaliste car ces deux termes sont
antinomiques. Quant à la démocratie aux Etats-Unis,
c'est un faux-semblant. Chaque Etat Américain se
l'est appropriée pour lui donner sa propre définition
et comme il y a autant de points communs entre New-York
et l'Idaho qu'entre le Japon et la Moldavie, vous imaginez
le bordel...
La seule unité, c'est le racket organisé par
l'Etat sur les taxes. Cet argent qu'on nous vole sans nous
informer sur sa destination. Les impôts me pompent
beaucoup d'argent. La moitié de ce que je gagne est
redirigée vers ces administrations. Avant que je
ne voie quoi que ce soit, la moitié est pompée.
La bonne idée serait de dire: "Okay, on va te
prendre la moitié de ton argent mais au moins tu
peux décider vers quelles institutions cela doit
être dirigé: protection des enfants, femmes,
toxicomanes, recherche..."
Le tremblement de terre de Kobe (Japon) en 1998 lui
permet de mettre ce principe en action. Comme il l'avait
promis, il a été donner lui-même l'argent
recolté après les concerts de Tokyo, Nagoya
et Osaka, aux victimes les plus sévèrement
touchées, hébergées dans un parc de
la ville - "Je ne crois pas aux organisations et aux
autorités, je donnerai cet argent moi-même
aux gens de Kobe" - Pour cela il annulera tous ses
rendez-vous promotionnels.
"De quel droit représenterais-je les opprimés?
Non, il nous faut des représentants élus...
Ce n'est pas mon rôle de parler au nom d'une communauté,
en même temps, je me sens heureux chaque fois qu'un
progrès pour les Noirs est enregistré dans
la société américaine ou à travers
le monde. Tout ce qui nous éloignera un peu plus
de l'esclavage sera une victoire. Pour ma part, je crois
surtout en la fierté de savoir d'où l'on vient,
en la connaissance de ses ancêtres et en la façon
dont on fait vivre leur esprit à travers soi. C'est
la chose essentielle à mes yeux."
"Parfois je peux sembler cynique parce que autour de
nous, il y a beaucoup d'institutions déshumanisées
qui contrôlent notre futur. Cela me fait chier. Ils
ont séparé le peuple de la politique. Ils
ont mis les gens à l'écart de tout organe
de décision et de pouvoir. Conséquence, les
politiques ne peuvent pas agir pour le peuple. Cela me rend
triste. Pour te faire entendre, il faut crier deux fois
plus fort. Je suis impatient de voir ce que va faire notre
génération car un jour ou l'autre la vieille
garde politique va mourir. La plupart des types avec qui
je suis allé au lycée sont des abrutis. Ils
ne peuvent même pas trouver le chemin de la salle
de bain.
Je ne veux pas être un leader spirituel ou politique,
je ne fais que raconter des histoires en musique. Écoutez
les paroles, laissez vous porter par la musique et tirez
en ce que vous avez à en tirer. Je ne suis pas clairevoyant
et je ne me sens pas investi d'une quelconque mission, je
cherche à m'exprimer par la musique sans plaire à
qui que ce soit, un peu comme une thérapie face à
cette vie si compliquée." |
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"Ma démarche
est honnête et le public qui me suit le ressent peut-être.
Il trouve dans cette sincérité un élément
réconfortant mais je ne me focalise pas sur ces choses
qui suivront de toute façon leurs cours malgré
moi. Y penser me rendrait probablement fou." Photo
© Fabrice Demessence |
Le 17 février
1997, Ben Harper se produit au Carnegie Hall, New York City,
NY pour le "Tibet House Benefit". Il interprète
"Redemption song" et "Oppression/Get up Stand
up". Entre les deux titres, il dira: "My name
is Ben Harper and I believe in freedom. And I believe in
freedom that each one of us can bring to the Earth, in our
way. My way is music / Mon nom est Ben Harper et je crois
en la liberté. Je crois en la liberté que
chacun de nous peut apporter à la Terre, chacun à
sa façon. Ma façon à moi, c'est la
musique.
"Marley avait une parole universelle, comme Martin
Luther King ou les grands acteurs noirs de ce siècle.
Plutôt que de changer le monde, la musique m'a surtout
permis de changer mon monde. Ensuite, si les gens veulent
tirer un enseignement de ce que je dis dans dans mes textes,
sur l'amour ou sur la société, alors qu'ils
le fassent selon leur propre expérience, en la confrontant
à la mienne. Tout le monde est maître de son
destin, il faut juste apprendre à le contrôler
et la musique peut sans doute y aider. J'aimerais voir plus
de gens, surtout les jeunes, se révolter contre ce
qu'on leur impose mais ce n'est pas mon boulot de dire comment
il faut s'y prendre. Je ne prêche pas, je n'encourage
jamais les gens à vivre comme moi ou à croire
en ce que je crois. Ma démarche n'engage que moi,
elle est avant tout spirituelle et non politique."
"Je fais vraiment un effort pour vivre en accord avec
mes paroles. Ce qui ne veut pas dire que je suis exactement
comme dans mes chansons. J'ai brisé des coeurs et
j'en réjouit d'autres. J'aspire à être
le mieux possible.
C'est facile d'être un gangster-rappeur comme Snoop
Doggy Dog qui assassine un mec - lui ou son garde du corps
- et qui ensuite te raconte que ce n'est pas ce qu'il faut
faire. C'est bien plus difficile d'aller dans l'autre sens
et d'essayer d'être un mec bien parce que tout le
monde va chercher la faille sous l'image.
J'essaie de maintenir ces idées en code de vie, de
garder ma ligne de pensée et d'action plutôt
que d'être un bandit qui se repentit ensuite." |
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Ben
Harper : ""Légaliser. Il faut légaliser
l'herbe. Tu peux me croire, si les politiques avaient trouvé
un moyen de la taxer, ils l'auraient déjà
légalisée. Tu dois comprendre que les dommages
et les morts liés à la fumée de cigarette
et à l'alcool sont plus nombreux que l'ensemble de
ceux liés à toutes les autres drogues réunies
mais elles restent les deux seules disponibles et légales
parce qu'ils peuvent les taxer aussi facilement qu'ils le
désirent. Ces deux industries sont tellement solides
et puissantes financièrement qu'elles sont devenues
une des forces financières du Mal. Elles ont du sang
sur les mains." Photo © Leon Mobley par Jeff Gottlieb |
"Remarque, si tu
ne peux pas produire ton propre vin chez toi, si tu ne peux
pas te rouler une cigarette et y mettre autre chose que
leur tabac, tu peux planter une graine. Tu peux planter
une graine et elle va grandir. Ils ne peuvent pas t'empêcher
de planter une graine. N'importe qui peut planter une graine
n'importe où."
"Cela élève ton esprit au-delà
de ce qu'ils sont et de ce qu'ils veulent que nous soyons.
Cela élève ton esprit au-delà de ce
qu'ils te disent. Cela élève ton esprit au-delà
de ce qu'ils veulent te faire avaler et de ce qu'ils veulent
te faire prendre pour la vérité et cela te
mène à une autre vérité; la
vérité suprême. Cette vérité
t'enrichit or ils ne souhaitent pas que tu t'enrichisses
de la sorte."
"Certaines personnes me disent, je ne veux pas que
mon gosse fume de l'herbe. Je peux comprendre ça.
Si vous voulez fumer, fumez, si vous ne voulez pas fumer,
ne fumez pas. Nous avons tous une responsabilité
envers nous-mêmes. Je connais des gens qui fument
de l'herbe et ça les rend créatifs, ça
fait ressortir le meilleur de leur génie et d'autres
qui fument et qui ne peuvent plus rien foutre. Je ne suis
pas pour l'addiction, je suis pour les vertus médicinales
et ce que ça peut faire pour l'esprit.
Alors pour ceux qui veulent venir et s'en allumer un (burn
one down)..." |
"Grillons-en
un de bout en bout. Faisons-le tourner mon ami. Brûlons
le longuement, brûlons le lentement. Pour m'allumer
avant d'y aller. Si tu n'aimes pas mon feu alors ne traîne
pas dans le coin parce que j'vais m'en allumer un. Je fais
ce que je choisis de faire. Si je ne fais de mal à
personne, ça ne devrait pas te gêner. Tu es
ce que tu choisis d'être, et si tu ne fais de mal
à personne, alors moi je t'accepte ainsi. L'herbe
est un cadeau de la Terre, et ce qui vient de la Terre est
de la plus grande valeur. Alors avant de la condamner, fais
l'expérience et tu verras, c'est une bénédiction
et non un mal" - Ben Harper (Burn One Down"). |
| Photo (haut) ©
Fabrice Demessence |
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