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Pensée
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Ben Harper
"Je fais vraiment un effort pour vivre en accord avec mes paroles. Ce qui ne veut pas dire que je suis exactement comme dans mes chansons." — Ben Harper



Paix
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Ben Harper : "Le message de paix doit être transmis à chaque génération. On ne mise pas assez sur la paix. Je ne sais pas comment l'humanité s'est retrouvée dans cette impasse, aujourd'hui la paix est prise bien moins au sérieux que la violence. La violence est devenue naturelle et la paix presque un mythe."

"Ne vaut-on pas mieux que cela? Doit-on céder à l'instinct violent de l'espèce humaine? On maîtrise l'atome, la fusion de l'atome, l'informatique... à quoi bon si on ne peut vivre en paix. Ce serait le plus grand progrès. Les savants ne m'épatent pas. Aller sur Mars pour tout foutre en l'air... Traiter Mars comme la Terre... Y a du boulot à faire ici avant d'aller claquer tout ce fric pour détruire une autre planète. Si les savants veulent m'épater, qu'ils se branchent sur la vibration de la paix pour la répandre. Je suis peut-être ridicule à parler de paix avec des gens qui sont si loin de cela... —"Voilà Ben Harper et son couplet sur la paix dans le monde." —J'en parle peu en public car c'est un sujet délicat, mais il le faut."

"Le plus étonnant chez Martin Luther King, c'est qu'il respirait la paix: elle émanait de lui, de tout son être, du moindre regard, du moindre geste. Quand on en est là, on peut avancer. C'est LE grand homme, un des êtres les plus pacifiques que le monde ait connu; tout était prière pour lui et c'est exactement la voie à suivre."

"J'ai du sang indien dans mes veines: des origines Cherokee du côté de ma grand-mère paternelle. Je sais ce que c'est que de se sentir opprimé - mes ancêtres ont été exterminés - mais pourtant, à mes yeux, rien ne justifie la violence.
J'appartiens à une race que l'histoire a oubliée; à l'école, on ne m'a jamais parlé des miens. A la maison, j'ai lu des dizaines de livres sur les Indiens, j'ai pleuré en apprenant la réalité. J'aurais donc toutes les raisons de sombrer dans la haine et pourtant, c'est plus fort que moi, l'amour l'emporte..."

"Vous envoyez une vibration positive, elle vous revient décuplée."



Dieu et la religion
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Ben Harper : "Je n'aime pas la religion, j'aime juste Dieu. La religion est souvent une insulte à Dieu. L'esprit est un accomplissement de l'Etre tandis que la religion divise l'humanité et je ne veux pas soutenir ça."

priere
"On me voit prier sur la pochette de Fight For Your Mind parce que je prie tous les jours. Si tu ne pries pas, tu ne peux pas vraiment être humble. Je parle pour moi, c'est une déclaration très personnelle, qui vient du coeur.
Tu n'as pas besoin de te mettre à genoux pour prier, tu peux prier debout mais tu dois te mettre à genoux pour remercier, montrer ton humilité face à Dieu et à la Terre. L'humilité est quelque chose de très important. Je me mets à genoux pour exprimer ma reconnaissance pour chaque moment de ma vie, pour chaque respiration que je prends, pour mes capacités."

"Le Dieu dont je parle, c'est la Création. C'est une force en mouvement sur Terre. C'est le créateur de la Terre et des Cieux, le roi des anges et le père de la lumière. C'est le père de l'Evangile, c'est la nature, les arbres, les vallées... tout ce qui provient de la Terre.
Je sais que l'on doit avoir foi en un esprit plus grand qu'un seul individu. Je sais que l'on doit apprendre à donner au lieu de prendre. Je sais que chacun doit mériter ce qu'il demande. Il faut savoir respecter les autres.
Je voue ma vie, avec foi et amour au Grand Tout qui ne désire que paix et bonté mais je ne suis pas religieux. Au début, je voulais devenir curé ou pasteur, enfin un truc dans ce genre mais je me suis rendu compte que même si j'avais cet immense amour de Dieu en moi, cela n'était pas suffisant pour entamer une vie faite de renoncements et de semi-frustations..."

"Entre le spirituel, le coeur généreux et le dur labeur, il y a le progrès de l'humanité. Je pense que notre génération a le potentiel de faire mieux que les précédentes pour l'avenir de l'humanité. Nous devons changer nos mots en actions. Car à moins que les mots, les philosophies et les croyances ne se changent en action, les mots n'ont aucun sens, la philosophie n'a aucun sens."

ciel

"La spiritualité est mon moteur, mon oxygène, elle est présente en chacun de mes actes. Chaque respiration, chaque souffle, chaque mouvement est une prière, y compris le fait de mettre des chaussures ou de prendre une guitare. La spiritualité, c'est beaucoup plus important pour moi que n'importe quel accord de guitare bien torché, plus important qu'une phrase assassine et vengeresse trouvée à deux heures du matin!"
Photo © Intervision / Liaucous


"Bob Marley était plus qu'un homme... je le sais; il représentait un dieu vivant et je suis de son église. Il y a différents éléments dans le rastafarisme, différentes tribus. Une fois que tu as compris cela, tu peux mettre en relation ce qui vient de ton propre système de croyance et celui-là. Cela devient alors ton propre système de croyance. Je ne proclame cependant pas que ma religion est meilleure que celle des autres. Je ne vois pas pourquoi les gens sont si "hard-lined". Tu peux être juif et bouddhiste, tu peux être rasta et tout ce que tu veux, cette Terre n'a pas été créée pour être obligé de croire en une seule chose. D'ailleurs personne ne croit en une seule et unique chose; il y a différentes croyances et chacun a le droit de croire en un ou plusieurs dieux. Tu peux prendre un peu de la sagesse de tous les systèmes qui existent et les combiner en un seul, établir ainsi ta propre communication avec le Tout Puissant.
Personne n'a le droit de dire que sa connexion avec Dieu est plus proche ou plus sincère que celle des autres, à cause de ce qu'ils croient. Dieu ne ferait pas de ségrégation. Si tu ne crois pas ceci, tu es dans le faux; ce n'est pas la parole ni la sagesse divine, c'est l'égoïsme de la nature humaine."

"Croire c'est aussi croire que l'on ne croit pas. Je sais que Dieu aime les athées. Ils sont athées mais ils aiment quand même Dieu, sauf que cela signifie autre chose pour eux. Ce peut être une montagne ou un arbre ou la bénédiction d'un lever de soleil. Ils ont le droit de penser que Dieu c'est ça."



Environnement
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Misrach

Ben Harper : "Je trouve que c'est une image assez parlante. C'est le résultat d'un essai nucléaire. C'est un troupeau qui a bu dans un plan d'eau situé à cinq ou dix miles du site de l'essai nucléaire et qui en est mort. C'est le viol de la nature par l'homme et je pense qu'il est nécessaire de montrer ça aux gens."
Photo © Richard Misrach


"Au-delà de ça, c'est aux gens de trouver la signification de ces images. Si tu réfléchis sur les paroles de mes chansons, tout devient alors très clair et tu comprends ce que je veux dire. Je ne veux pas donner de sens précis et empêcher les gens de réfléchir. Je n'ai pas à donner davantage de détails pour que les gens interprètent ce que j'ai voulu dire. Peut-être d'ailleurs que le sens évolue encore pour moi."

"Je préfère être damné que de quitter ma maison sans éteindre les lumières, de jeter des ordures par terre, de ne pas arrêter le robinet pendant que je me brosse les dents... Ce sont de toutes petites choses dont il faut prendre conscience, elles peuvent changer le monde. Un petit pas pour chacun, un grand pas pour l'humanité."

"Le Baron Perché" - Rencontre avec Julia Hill (Butterfly)
Par Richard Robert - Les Inrockuptibles - 8/14 septembre 99 - N°211 - (extrait)
Ben Harper : "Il y a un peu plus d'un an, on m'apprit qu'une jeune femme très étonnante appréciait mon travail. Elle répondait au nom de Julia Butterfly et d'après ce qu'on savait d'elle, elle habitait depuis plusieurs mois en haut d'un séquoia de la forêt californienne, d'où elle refusait obstinément de redescendre..." | lire la suite



Politique
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"Politiquement, les Etats-Unis sont morts."

"Depuis que je voyage - en Europe mais également à travers le continent américain - j'ai un tout autre regard sur la communauté Noire, sur son avenir et ses perspectives. Ce que je vois me fout la trouille car l'esclavage existe encore. C'est terrifiant, mais je viens de me rendre compte que les Noirs sont toujours des esclaves. Non pas les esclaves des Blancs, mais des idées reçues, des mensonges véhiculés par la télé, le cinéma, une partie de la presse. Pour beaucoup d'Américains Blancs, le Noir est un être violent, méchant, aigri, qui vole et se drogue. En vérité, la consommation de came touche beaucoup plus de Blancs, de gens des classes moyennes et supérieures. Les Noirs n'ont pas les moyens de se payer de la poudre. Ce sont les employés de bureau de Los Angeles et de New-York qui se cament, des mecs qui roulent en Mercedes. Et ça personne n'en parle. Pas de reportages à la télé sur les petits bourgeois qui se cament, pas d'articles dans les journaux. Tout ce dont on nous parle, c'est des gangs, des "Crips", des "Bloods". Comment s'étonner alors que la petite mamie du Missouri me regarde avec suspicion quand elle me croise dans la rue? En vérité, elle ferait mieux de se méfier de son voisin, le jeune avocat si gentil en apparence...
Aux Etats-Unis, la minorité des Blancs aisés protège la minorité des Blancs aisés. Le pays ne fonctionnera vraiment que lorsque toutes les catégories sociales et raciales seront représentées, Blancs de classes populaires, Noirs, Hispaniques, Asiatiques. Voilà à quoi on devrait consacrer tous nos efforts et l'argent du pays; à la représentation, qui est la seule issue pour les peuples. Ici comme ailleurs, l'homme de la rue n'est pas représenté. Personne ne parle en son nom."

Ben Harper
"La situation est tellement désespérante que cela devient frustrant d'en parler. Il est impossible d'avoir une discussion intelligente à propos de l'entropie d'une société dont la seule constante semble être le développement du chaos."
Photo © Vincent Lignier

"La Californie illustre les vicissitudes d'un pays qui tend vers les extrêmes plus qu'il n'essaie de trouver une harmonie à travers ses disparités. Vous allez avoir un type dans une villa qui gagne 20 millions de dollars pour trois semaines de travail sur le tournage d'un film, à cinq kilomètres de chez lui, vous trouverez une famille nombreuse vivant dans une caravane et en marge de la société."

"Il y a un vrai problème dans cette ville de Los Angeles, entre ce qui se passe réellement et la perception que les gens en ont. Les politiciens cautionnés par les médias en donnent une image complètement dénaturée. D'un côté il y aurait le glamour d'Hollywood qui doit concerner à peu près 1% des gens et de l'autre, l'extrême violence qui contamine les quartiers chauds mais il est impossible de réduire une ville comme Los Angeles à une vision si manichéenne. A force de répandre la peur et la paranoïa dans le coeur des gens, les médias les conditionnent en s'éloignant chaque jour un peu plus de la vérité. En fait on ne cherche qu'à éviter de nouvelles émeutes en ignorant les problèmes rencontrés par la population mais l'indifférence n'a jamais rien résolu."

"La mort de Tupac Shakur m'inspire un sentiment de gâchis et d'impuissance. Je ne le connaissais pas et je ne sais rien de cette affaire mais il était trop jeune pour mourir. Chaque fois qu'un Noir en tue un autre, non seulement il commet un crime, mais il commet également un suicide. Ici, mes "frères" s'entre-tuent et ça me rend malade. Parfois, des gens de l'extérieur demandent si l'on a appris à vivre avec la violence qui règne à Los Angeles mais comment pourrait-on s'habituer à vivre avec une telle absurdité? Ma femme et moi sommes tellement terrifiés par les infos qu'on ne les regarde plus."

"Le climat social en Amérique est traumatisant. Il faut en permanence faire attention à soi et aux siens. Mais c'est surtout à cause du système social américain que je suis furieux de vivre ici, pas à cause des individus. Il ne faut plus laisser les types qui nous gouvernent faire ce qu'ils veulent. L'homme sur la colline a-t-il pour vocation d'asservir l'homme de la plaine? Je ne crois pas, il faut que chacun se batte au quotidien pour aboutir à une transformation absolue des valeurs de la société. Le coût de la vie a complètement déréglé les structures familiales. J'estime que ça devrait être un devoir collectif de rémunérer les mères pour qu'elles élèvent leurs enfants pendant un ou deux ans après la naissance. C'est à cet âge que tout se détermine, alors qu'on paie les mères ou les pères, si c'est la femme qui travaille et l'on aura peut-être éradiqué le mal à la racine."

"Un jour, j'allais en studio en camionnette et tout à coup, je vois deux hélicos au dessus de ma tête. Je me suis dit qu'ils cherchaient quelqu'un. "Jesus, qu'est-ce qui se passe?" Il y avait des barrières de police partout, je les contourne, de manière à aller au studio, je sors de mon véhicule, je compose le code du portail, je rentre dans la cour, je descends, il y a des flics partout! Je me dis que quelqu'un doit avoir dévalisé une banque ou quelque chose comme ça. Deux secondes après, je vois une quarantaine de policiers qui surgissent de partout, sans avoir le temps de réagir je me suis retrouvé face contre terre avec les menotes dans le dos!

Forgiven -Jail

Quelqu'un qui correspondait à ma description avait volé un camion, dans le coin. Ils ont cru que c'était moi. C'est pas un peu bizarre, comme façon de faire? Tout ce qu'ils avaient à faire, c'était me demander de me garer sur le bas côté, je l'aurais fait. Ils ont arrêté tout le monde, JP, le groupe, tout le monde était en état d'arrestation, tout ça pour s'apercevoir qu'ils étaient tombés sur le mauvais mec.
Bien sûr, ils ne se sont pas excusés ces trous du culs.
La couleur de ma peau a dû jouer, c'est sûr, mais je crois qu'ils auraient fait pareil si
j'avais été Blanc. Je n'essaie pas d'en faire une histoire de couleur; ils ont mal agi, c'est tout!"


"Je ne devrais pas me mêler de politique, je ne le fais jamais d'habitude. Je ressens la politique comme la protection des richesses d'une minorité; la minorité financière qui vit aux frais de la majorité ouvrière. On ne peut plus faire confiance aux gens qui ont un mandat à protéger car leur intérêt se tourne toujours vers ceux qui possèdent les richesses. C'est à chacun de faire en sorte d'améliorer les choses, pour le bien de tous. On vit dans un monde où tout est rapide; la nourriture, les voitures, tout est "fast". Personne n'a plus envie de choisir un engagement à long terme. Tout le monde désire être libre mais personne ne veut payer le prix de cette liberté. Dans ce pays, il y a des gens qui meurent de la liberté accordée aux autres. On autorise chacun à porter une arme et on s'émeut ensuite lorsqu'un môme de 10 ans se pointe à l'école avec un flingue. Qu'est-ce qui est le plus important; la Constitution ou la vie des enfants?
Les américains sont de sacrés hypocrites; ils passent leur temps à se plaindre de la violence mais ils ont tous une arme dans leur tiroir... Les Uzi ne sont pas fabriqués à Los Angeles, dans les dépôts de South Central, ils sont importés, passent les frontières. Il y a des types dans des bureaux dont le boulot est d'en faire le commerce. Que ces types-là commencent par changer de job, que les politiciens s'attaquent à ce commerce scandaleux et alors la rue pourra retrouver le calme d'antan. Les bébés noirs ne naissent pas avec des Uzi dans les mains."

Ben Harper
"La légitimité de tous les pouvoirs est de protéger les criminels. Une fois que vous avez compris ça, vous pouvez agir avec intelligence et méthode."

Poster : The revolution will be colorized © Speed Scott Hall

"Pour endiguer cette spirale, il faut créer sa propre réalité, son propre pays à l'intérieur de soi. S'entourer d'amis, d'une famille stable et forte. Aider les gens qu'on aime, qu'on connaît et continuer à se battre pour ses idées. C'est d'une naïveté confondante mais cela fonctionne.
Parler de conscience politique à l'échelle d'un pays est irréaliste car ces deux termes sont antinomiques. Quant à la démocratie aux Etats-Unis, c'est un faux-semblant. Chaque Etat Américain se l'est appropriée pour lui donner sa propre définition et comme il y a autant de points communs entre New-York et l'Idaho qu'entre le Japon et la Moldavie, vous imaginez le bordel...
La seule unité, c'est le racket organisé par l'Etat sur les taxes. Cet argent qu'on nous vole sans nous informer sur sa destination. Les impôts me pompent beaucoup d'argent. La moitié de ce que je gagne est redirigée vers ces administrations. Avant que je ne voie quoi que ce soit, la moitié est pompée. La bonne idée serait de dire: "Okay, on va te prendre la moitié de ton argent mais au moins tu peux décider vers quelles institutions cela doit être dirigé: protection des enfants, femmes, toxicomanes, recherche..."

Le tremblement de terre de Kobe (Japon) en 1998 lui permet de mettre ce principe en action. Comme il l'avait promis, il a été donner lui-même l'argent recolté après les concerts de Tokyo, Nagoya et Osaka, aux victimes les plus sévèrement touchées, hébergées dans un parc de la ville - "Je ne crois pas aux organisations et aux autorités, je donnerai cet argent moi-même aux gens de Kobe" - Pour cela il annulera tous ses rendez-vous promotionnels.

"De quel droit représenterais-je les opprimés? Non, il nous faut des représentants élus... Ce n'est pas mon rôle de parler au nom d'une communauté, en même temps, je me sens heureux chaque fois qu'un progrès pour les Noirs est enregistré dans la société américaine ou à travers le monde. Tout ce qui nous éloignera un peu plus de l'esclavage sera une victoire. Pour ma part, je crois surtout en la fierté de savoir d'où l'on vient, en la connaissance de ses ancêtres et en la façon dont on fait vivre leur esprit à travers soi. C'est la chose essentielle à mes yeux."

"Parfois je peux sembler cynique parce que autour de nous, il y a beaucoup d'institutions déshumanisées qui contrôlent notre futur. Cela me fait chier. Ils ont séparé le peuple de la politique. Ils ont mis les gens à l'écart de tout organe de décision et de pouvoir. Conséquence, les politiques ne peuvent pas agir pour le peuple. Cela me rend triste. Pour te faire entendre, il faut crier deux fois plus fort. Je suis impatient de voir ce que va faire notre génération car un jour ou l'autre la vieille garde politique va mourir. La plupart des types avec qui je suis allé au lycée sont des abrutis. Ils ne peuvent même pas trouver le chemin de la salle de bain.
Je ne veux pas être un leader spirituel ou politique, je ne fais que raconter des histoires en musique. Écoutez les paroles, laissez vous porter par la musique et tirez en ce que vous avez à en tirer. Je ne suis pas clairevoyant et je ne me sens pas investi d'une quelconque mission, je cherche à m'exprimer par la musique sans plaire à qui que ce soit, un peu comme une thérapie face à cette vie si compliquée."

Ben Harper
"Ma démarche est honnête et le public qui me suit le ressent peut-être. Il trouve dans cette sincérité un élément réconfortant mais je ne me focalise pas sur ces choses qui suivront de toute façon leurs cours malgré moi. Y penser me rendrait probablement fou." Photo © Fabrice Demessence

Le 17 février 1997, Ben Harper se produit au Carnegie Hall, New York City, NY pour le "Tibet House Benefit". Il interprète "Redemption song" et "Oppression/Get up Stand up". Entre les deux titres, il dira: "My name is Ben Harper and I believe in freedom. And I believe in freedom that each one of us can bring to the Earth, in our way. My way is music / Mon nom est Ben Harper et je crois en la liberté. Je crois en la liberté que chacun de nous peut apporter à la Terre, chacun à sa façon. Ma façon à moi, c'est la musique.

"Marley avait une parole universelle, comme Martin Luther King ou les grands acteurs noirs de ce siècle. Plutôt que de changer le monde, la musique m'a surtout permis de changer mon monde. Ensuite, si les gens veulent tirer un enseignement de ce que je dis dans dans mes textes, sur l'amour ou sur la société, alors qu'ils le fassent selon leur propre expérience, en la confrontant à la mienne. Tout le monde est maître de son destin, il faut juste apprendre à le contrôler et la musique peut sans doute y aider. J'aimerais voir plus de gens, surtout les jeunes, se révolter contre ce qu'on leur impose mais ce n'est pas mon boulot de dire comment il faut s'y prendre. Je ne prêche pas, je n'encourage jamais les gens à vivre comme moi ou à croire en ce que je crois. Ma démarche n'engage que moi, elle est avant tout spirituelle et non politique."

"Je fais vraiment un effort pour vivre en accord avec mes paroles. Ce qui ne veut pas dire que je suis exactement comme dans mes chansons. J'ai brisé des coeurs et j'en réjouit d'autres. J'aspire à être le mieux possible.
C'est facile d'être un gangster-rappeur comme Snoop Doggy Dog qui assassine un mec - lui ou son garde du corps - et qui ensuite te raconte que ce n'est pas ce qu'il faut faire. C'est bien plus difficile d'aller dans l'autre sens et d'essayer d'être un mec bien parce que tout le monde va chercher la faille sous l'image.
J'essaie de maintenir ces idées en code de vie, de garder ma ligne de pensée et d'action plutôt que d'être un bandit qui se repentit ensuite."


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Ben Harper
Ben Harper : ""Légaliser. Il faut légaliser l'herbe. Tu peux me croire, si les politiques avaient trouvé un moyen de la taxer, ils l'auraient déjà légalisée. Tu dois comprendre que les dommages et les morts liés à la fumée de cigarette et à l'alcool sont plus nombreux que l'ensemble de ceux liés à toutes les autres drogues réunies mais elles restent les deux seules disponibles et légales parce qu'ils peuvent les taxer aussi facilement qu'ils le désirent. Ces deux industries sont tellement solides et puissantes financièrement qu'elles sont devenues une des forces financières du Mal. Elles ont du sang sur les mains." Photo © Leon Mobley par Jeff Gottlieb

"Remarque, si tu ne peux pas produire ton propre vin chez toi, si tu ne peux pas te rouler une cigarette et y mettre autre chose que leur tabac, tu peux planter une graine. Tu peux planter une graine et elle va grandir. Ils ne peuvent pas t'empêcher de planter une graine. N'importe qui peut planter une graine n'importe où."

"Cela élève ton esprit au-delà de ce qu'ils sont et de ce qu'ils veulent que nous soyons. Cela élève ton esprit au-delà de ce qu'ils te disent. Cela élève ton esprit au-delà de ce qu'ils veulent te faire avaler et de ce qu'ils veulent te faire prendre pour la vérité et cela te mène à une autre vérité; la vérité suprême. Cette vérité t'enrichit or ils ne souhaitent pas que tu t'enrichisses de la sorte."

"Certaines personnes me disent, je ne veux pas que mon gosse fume de l'herbe. Je peux comprendre ça. Si vous voulez fumer, fumez, si vous ne voulez pas fumer, ne fumez pas. Nous avons tous une responsabilité envers nous-mêmes. Je connais des gens qui fument de l'herbe et ça les rend créatifs, ça fait ressortir le meilleur de leur génie et d'autres qui fument et qui ne peuvent plus rien foutre. Je ne suis pas pour l'addiction, je suis pour les vertus médicinales et ce que ça peut faire pour l'esprit.
Alors pour ceux qui veulent venir et s'en allumer un (burn one down)..."

"Grillons-en un de bout en bout. Faisons-le tourner mon ami. Brûlons le longuement, brûlons le lentement. Pour m'allumer avant d'y aller. Si tu n'aimes pas mon feu alors ne traîne pas dans le coin parce que j'vais m'en allumer un. Je fais ce que je choisis de faire. Si je ne fais de mal à personne, ça ne devrait pas te gêner. Tu es ce que tu choisis d'être, et si tu ne fais de mal à personne, alors moi je t'accepte ainsi. L'herbe est un cadeau de la Terre, et ce qui vient de la Terre est de la plus grande valeur. Alors avant de la condamner, fais l'expérience et tu verras, c'est une bénédiction et non un mal" - Ben Harper (Burn One Down").


Photo (haut) © Fabrice Demessence
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