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Rickie Lee Jones

Rickie Lee Jones
www.rickieleejones.com

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Interview de Rickie Lee Jones par Melody Alderman
Extrait de www.puresongwriters.com

NWMS: You worked with so many great artists on your new record including Ben Harper and Eric Benet. I understand that all of them were very eager to work with you. How was it to work with such a diverse mix of artists? Also, would you consider yourself a mentor to any of the many artists who look up to you?

RICKIE: Well, they are all just players. They come in, they want to do a good job. They were all very enthusiastic, all very sweet. I thought, 'wow, people are so nice nowadays.' One thing though is that Eric and that Ben are pretty good looking guys. Good grief. Eric is a real singer, he got himself matching my tone and laid down lots of harmonies. He was really helpful on Ugly Man. Ben is a stylist, and I had never really heard him before, and did think he had a very heartfelt voice, I like it. He is on the oooohss, at the end of Little Mysteries.

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The Evening of My Best Day
The Evening of My Best Day
2003 – V2 records

01. Ugly Man
02. Second Chance
03. Bitchenostrophy
04. Little Mysteries
05. Lap Dog
06. Tell Somebody (Repeal the Patriot Act Now)
07. Sailor Song
08. Tree on Allenford
09. It Takes You There
10. Mink Coat at the Bus Stop
11. Evening of My Best Day
12. Face in the Crowd

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www.villagestudios.com | 29 novembre 2002 – Los Angeles
Legendary folk-rocker Rickie Lee Jones returned to the studio at The Village recently to record tracks for an as-yet untitled new album, which she describes as “a bit of soul, a bit Irish ballad.” She was joined by singer/songwriter Ben Harper on one newly minted R&B tune. The album is being co-produced by Steve Berlin (Los Lobos, Radiohead) and guitarist David Kalish, whose musical relationship with Jones goes back to 1981’s Pirates album.

Rickie Lee Jones / Ben Harper
The Village studio. De gauche à droite : Mark Johnson (ingénieur du son) - Ben Harper - Steve Berlin (co-producteur) - Rickie Lee Jones - David Kalish (co-producteur) - Cougar (batteur).

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Communiqué de presse V2 music — www.v2.fr

"J'écoutais. J'attendais. Je priais pour être sauvée. Et c'est ce qui est arrivé. Je me sens forte maintenant. Intacte. Prête à soigner le monde".

C'est ainsi que Rickie Lee Jones explique ce hiatus de six années au cours desquelles l'une des songwriters ayant presque à elle seule redéfini les potentiels d'expression des paroles et de la musique occupait ses congés artistiques. En racontant une histoire, en installant une ambiance, en façonnant des connections métaphoriques qui résonnent et qui révèlent, Rickie Lee Jones a fait paraitre tout cela si facile.

Mais ce ne l'est pas. L'histoire, l'odyssée personnelle, professionnelle et politique, qui a abouti à la douzaine de chansons originales de "The Evening Of My Best Day", son brillant nouvel album, revêt les proportions épiques d'une authentique renaissance artistique. Bien plus q'un simple retour en forme, "The Evening Of My Best Day", est un formidable bond en avant de la part d'une artiste qui ne fait que commencer à trouver son rythme.

Cela a tout l'air d'une pomme de discorde, au regard d'une carrière marquée par des sauts musicaux audacieux. Cette carrière a commencé en 1979, avec "Rickie Lee Jones", l'album emblématique de toute une époque. Elle s'est poursuivie au gré d'opus comme "Pirates" (1981), "The Magazines" (1984), "Flying Cowboys" (1989) ou "Ghostyhead" (1997), dernière incursion dans le songwriting original. Pour être précis toutefois, la carrière de Rickie Lee a continué, l'air de rien, avec "It's Like This", un album inspiré de reprises paru en 2000, puis avec "Live At Red Rocks", un album enregistré en concert l'année suivante. Seule l'absence de compositions se faisait sentir, une absence, qui, comme le démontre "The Evening Of My Best Day", n'a fait que rendre plus doux le coeur et l'esprit.

"J'étais préoccupée par la vie" explique Ricky Lee à propos de son congé artistique. "Je vivais à Washington, essentiellement, je m'occupais de mon jardin et j'élevais ma fille. Je n'avais ni le besoin, ni l'inspiration pour écrire. C'était une coquille vide et il n'y avait aucune raison pour que cela revienne un jour."

C'est, assez curieusement, un mélange de politique et de curiosité professionnelle qui a favorisé son retour à la composition. "L'élection de George Bush", se souvient-elle, "le vote des lois patriotiques, le monopole des médias et leur mauvais usage du langage. J'ai commencé à comprendre qu'il fallait que quelqu'un parle haut et fort. Il existe une longue tradition de musique protestataire, de Woody Guthrie à Bob Dylan et je suis assez naïve pour encore croire qu'une chanson puisse changer les choses. Il s'agit exclusivement de pouvoir et d'intention et mon intention est de réveiller les gens et les faire sortir de leur léthargie. Mais on ne peut pas faire cela en hurlant. Il faut expliquer. Il faut divertir. Ma circonscription a toujours été celle des outsiders et je pense que ce sont les outsiders qui peuvent redonner de la valeur à ce pays".

A la même époque, Rickie Lee commençait à se réveiller de sa propre hibernation créative. "J'ai commencé à penser au songwriting" révèle t-elle, "et le fait que personne n'écrive plus de grandes chansons. Il y avait beaucoup de choses qui étaient trop sérieuses et totalement légères, mais rien de réellement mémorable. Rien qui ne puisse se chanter. Alors je me suis mis à étudier les meilleurs songwriters que je connaissais, Paul McCartney, Cat Stevens, Curtis Mayfield. J'ai commencé à étudier cet art à sa source".

"C'était un effort", raconte Ricky "qui nécessitait une discipline rigoureuse et l'exercice de muscles musicaux endormis". "Tous les après-midi, je m'asseyais pour rencontrer la chanson à laquelle je travaillais", poursuit-elle. "Le fait de manifester une émotion ou une pensée dans un espace défini de notes et de paroles peut s'avérer difficile, surtout si on ne l'a pas fait depuis longtemps. Certaines de ces chansons remontent à quinzaine d'années, mais je ne voulais pas simplement y rajouter de l'argile et les considérer comme étant terminées. J'avais besoin de patience et de prière afin que le processus se remette en place".

Ce n'est qu'au début de 2002 que Rickie Lee a commencé à prospecter pour enregistrer un nouvel album. "Ma priorité était de savoir qui pourrait m'aider", comme elle l'explique : "J'avais besoin de quelqu'un qui puisse faciliter mon retour en studio sans pour autant m'encombrer". C'est en la personne de David Kalish, un de ses amis, guitariste accompli, qui avait participé à l'album "Pirate's Choice" en 1981, qu'elle a trouvé la "camaraderie adverse" qu'elle recherchait.

Une fois que le projet était lancé, le progrès fut rapide et constant. "David avait suggéré Steve Berlin de Los Lobos comme producteur. Et Steve a amené avec lui quelques musiciens, assemblant plusieurs combinaisons musicales. Le travail est devenu extrêmement joyeux, surtout après que j'ai commencé à travailler avec Bill Frisell". Guitariste d'une portée et d'une profondeur exceptionnelle, Frisell possède un cv impressionnant. Il a en effet travaillé avec les plus grands, de Chet Baker à Pat Metheny en passant par Marianne Faithfull et Norah Jones et au-delà. "C'est toujours gratifiant de collaborer avec quelqu'un qui comprend instinctivement votre propre langage musical", s'enthousiasme Ricky. "Lors de notre première session, nous avons écrit quatre morceaux en cinq heures. Nous avons fini par en garder trois pour l'album !".

Alors que "The Evening Of My Best Day" continuait à prendre forme, il est devenu évident que Rickie achevait une synthèse stylistique, qui lui permettait de marier ses propres éléments familiers et ambiants, à des influences plus surprenantes. "Il y a du jazz, bien entendu. Et beaucoup de blues et même des influences celtiques folk amenées par David Kalish. Mais plus j'allais à l'intérieur des chansons, plus je me concentrais sur l'esprit des années soixante. Je me souvenais avec insistance de l'époque du Black Power, lorsque dans des villes comme Oakland, la culture et la politique se rejoignaient, lorsque la graisse d'East Bay allait dans les rouages de cette musique".

Le résultat est une corne d'abondance kaléidoscopique qui reste ancrée à une sensibilité appartenant totalement et exclusivement à Rickie Lee. Du contenu politique sans concession de "Ugly Man" et "Tell Somebody" au funk de "Bitchenostrophy", au blues percolé de "Mink Coat At The Bus Stop" aux paroles évocatrices de "A Second Chance" au coup de balai cinématographique de "Tree On Allenford", "The Evening Of My Best Day" trouve son centre serein dans l'effusion artistique de cette originale entêtée.

"Ces morceaux sont le fruit des arbres que j'ai plantés et pour lesquels j'ai priés pendant longtemps" conclut Ricky. "Ce sont des images de mon enfance, de ma famille et de moments de tristesse incomparables. Mais ils peuvent être résumés de manière très simple. Je ne suis pas encore conquise. Et cela reste l'affirmation la plus politique qu'un être humain puisse faire".


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