Ben
Harper : "Chaque studio offre un son spécifique
mais celui qui a ma préférence est le studio
Grandmaster Recording à Hollywood. C'est un vieux
studio en bois avec équipement d'origine. Les Black
Crowes y ont enregistré Shake Your Money Maker. Quand
tu passes la porte et que tu commences à parler,
tu as un frisson." |
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Photo extraite du film The Will To Live ©
JP Plunier
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Ben Harper : "Le
studio n'est que la dernière étape de l'album.
Quand on y rentre, tous les titres sont déjà
appris et répétés par l'ensemble du
groupe. Il n'y a donc plus qu'à les mettre sur bande
en y incorporant les arrangements. Au départ, pour
la pré-production, je fais écouter les morceaux
bruts à JP (Plunier) puis je passe deux semaines
avec mon groupe. Chacun donne son avis, émet des
idées quant aux arrangements qu'on pourrait faire.
Il faut veiller à ne pas lui faire perdre l'émotion
de départ — les arrangements doivent apporter
quelque chose au morceau et non le dénaturer."
"En studio, on enregistre live autant que possible,
basse, batterie, guitares et parties vocales. Si j'ai une
ligne directrice avec les accords et la mélodie vocale,
j'essaye de garder une part de liberté dans le morceau
pendant l'enregistrement pour donner un côté
spontané à la composition. Les solos par exemple
ne sont jamais écrits car ils sont par définition
le côté le plus direct d'un titre."
"Enfin, les overdubs viennent compléter le morceau.
Ils sont importants, il faut y réfléchir et
les laisser mûrir pour qu'ils donnent quelque chose
de neuf à la compo." |
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Photo extraite du film The Will To Live ©
JP Plunier
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Album enregistré
dans les studios Grandmaster Recording (Hollywood)
Ben Harper : "J'avais composé Fight For Your
Mind sur la route et je m'étais juste interrompu
quelques semaines pour son enregistrement, avant de repartir
en tournée. J'ai voulu stopper ce rythme infernal
pour prendre du recul, travailler sur la pré-production
et l'enregistrement avec mon manager, producteur et fidèle
associé JP Plunier."
"Pour la première fois depuis trois ans, nous
nous sommes offert du temps, à l'abri des contraintes
et de la pression. J'avais donc l'esprit très paisible
pour ce nouvel album. J'avais confiance dans le son des
instruments, dans ma voix, dans tout le processus d'enregistrement
car nous nous sommes donnés les moyens d'aller jusqu'au
bout des choses."
"Je suis particulièrement fier de Roses from
my friends : l'intro est constituée d'au moins dix
slide-guitars mixées à l'envers créant
une symphonie de sons. C'est pour moi une sorte d'accomplissement."
"Aujourd'hui je sais mieux comment construire un son,
comment le faire passer de ma cassette au disque. Je sais
ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire pour obtenir
un bon enregistrement. Je suis beaucoup plus à l'aise
en studio et plus confiant dans mes possibilités
musicales. J'ai accumulé beaucoup d'expérience
grâce aux tournées et aux rencontres avec des
gens aussi différents que les Fugees ou Pearl Jam.
Ils m'ont beaucoup influencé sur la manière
dont j'écris ma musique. Peut-être sont-ils
à l'origine de morceaux plus durs comme Faded ou
The will to live ou plus expérimentaux comme Homeless
child."
"Je n'aime pas les machines qui jouent toutes seules
et sans âme - boîtes à rythmes ou séquenceurs.
Tout le monde est persuadé qu'il s'agit de nappes
de synthés sur l'intro de "Roses from my friends".
Pas du tout! c'est du slide joué au Weissenborn mais
la bande est passée à l'envers. J'adore ce
genre de gimmicks; faire sonner un instrument à cordes
comme un séquenceur. D'ailleurs les guitaristes ont
toujours aimé cela; dans les années 30, ils
imitaient le son d'un sax ou d'une trompette. J'ai toujours
adoré Charlie Parker pour sa capacité à
faire de son instrument autre chose que de la musique sortant
d'un saxophone. Avec le slide, on peut atteindre des sensations
quasi-symphoniques. Une sorte d'avalanche. J'ai même
des sons dans ma tête que je n'ai pas encore réussi
à transposer sur mon instrument. C'est un challenge
démentiel !"
"Mais à côté de tout ce travail
en studio, je continuerai toujours à écrire
des morceaux intemporels dans la lignée de Walk away." |
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Photo extraite du film The Will To Live ©
JP Plunier
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Album enregistré
à Alpha Studio (Burbank)
Ben Harper : "Pour Burn To Shine, je suis passé
par tous les états de la conscience qu'un individu
doit pouvoir connaître; de l'exaltation la plus jubilatoire
à des moments de déprime carrément
angoissants. Une seule constante: le taux de concentration
déployé durant l'enregistrement du disque."
"Il fallait que j'enregistre car j'avais accumulé
trop de nouvelles chansons dans ma tête. Le studio
devient le refuge idéal pour donner corps à
des idées qui expriment le besoin d'être concrétisées.
C'est un paramètre qui est souvent plus fort que
l'artiste et ne pas se mettre au travail dans ces conditions
serait un peu comme de craquer sur une fille sans oser l'aborder.
Qui sait si vous la reverrez et si elles n'était
pas la femme de votre vie?"
"Finalement, l'enregistrement de Burn To Shine aura
duré six mois. Il y a trois ou quatre ans, j'aurais
vécu ça comme une longue période de
captivité; s'enfermer dans un cadre confiné
pour donner naissance à des chansons, c'est une idée
qui ne m'était pas naturelle mais là, je me
suis régalé. Je pense sincèrement que
cela a été six mois de spontanéité."
"Jusqu'à présent, j'avais toujours eu
le sentiment que ma progression en tant que musicien s'était
jouée ailleurs - en répétitions ou
dans l'écriture quotidienne. Quant aux tournées,
elles m'ont apportées une relation plus intense encore
avec la musique. Là j'ai senti qu'avec JP Plunier,
on savait ce qu'on voulait et où on allait, quel
matériel utiliser pour obtenir tel son, comment tirer
le meilleur de chaque instrument, comment capter au mieux
la voix."
"Pour les albums précédents, on enregistrait
d'abord les squelettes de toutes les chansons puis on étoffait
en rajoutant les voix et les autres instruments. Cette fois-ci,
on a décidé de procéder chanson après
chanson. On jouait aussi Live que possible. Tout le monde
était impliqué, du début à la
fin du processus. Je me suis senti mieux ainsi: le studio
est devenu un lieu d'échange et de bouillonnement."
"Certains titres ont été enregistrés
en une prise comme "Suzie blue". D'autres ont
pris plus de temps. Il n'est pas bon de se focaliser sur
un morceau lorsque tu sens que le feeling n'y est pas. Il
vaut mieux passer à autre chose et revenir dessus
le lendemain. Pour moi, la situation idéale, ce serait
de saisir les chansons et de les mixer sur-le-champ. Ca
me semble absurde d'accoucher en deux temps. Sur les précédents
albums, on n'a pas toujours eu le temps nécessaire
alors on devait jouer avec le timing."
"Les bons jours, on arrive en studio à 13h00
et on commence à enregistrer à 13h30. Dans
les mauvais jours, on mange, on discute, on raconte quelques
conneries, on joue au basket pendant une heure, on regarde
les L.A. Lakers à la télé et on commence
à enregistrer vers 19h ou 20h. Ca c'est les jours
un peu plus lents."
"Il y eut des surprises, des choses nées en
studio mais le disque est dans l'ensemble tel que je l'entendais
dans ma tête."
"Sur certains morceaux studio, je joue de trois guitares
différentes. Je ne sais pas comment je vais retranscrire
ça sur scène. Peut-être, vais-je devoir
prendre un autre guitariste." |
| Diamonds On The Inside,
2003 |
Album enregistré à
Sunset Sound Recorders (Hollywood) et mixé à
Bay 7 Studio (North Hollywood, CA) | plus
d'infos |
Bay 7 studio | mixage
© Marco Dos Santos / Ixo Images - Rolling Stones magazine
(ed. française), Décembre 2002 |
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Ben Harper : "La foule
agitée, passionnée, réunie dans un
stade, c'est souvent plus intime que dans un club de cent
personnes dont une vingtaine papotent. Nous avons fait la
première partie de la tournée américaine
de Pearl Jam. Pendant un concert en Floride, devant 80 000
personnes, il y avait un énorme paquet de gosses
emmêlés et surexcités devant la scène
et soudain, alors que nous jouions "Voodoo child (Slight
return)", la première chanson de notre set,
un cul-de-jatte a commencé à surfer sur la
foule dans sa chaise roulante — les gens le faisaient
flotter au-dessus de leurs têtes en le soutenant à
bout de bras. Personne n'avait jamais vu ça, nous
en avons presque arrêté de jouer."
"Live, je ne fais jamais deux fois le même solo.
Ca donnerait à la compo une sorte de routine vite
ennuyeuse pour moi comme pour le public. La spontanéité
permet à l'artiste de rester créatif. C'est
ce qui fait que tu continues à faire de la musique,
à garder l'excitation nécessaire pour écrire." |
"Si je ressens un
sentiment de lassitude, cela m'arrive, j'arrête tout.
Je fais un break, ne serait-ce que par respect pour les
gens qui aiment ma musique et viennent me voir sur scène.
Je n'ai aucune envie de les insulter. Mes concerts ne supportent
ni les chimères, ni la tromperie. Ils sont juste
un exercice qui nécessite un engagement absolu."
"Même si ça fait un moment que je me produis
sur scène, je ne sais toujours pas vraiment comment
parler à un public. Cela demande une concentration
incroyable." |
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Un journaliste de Rock and Folk affirmait
un jour : "Bon sang, Ben Harper... S'il pouvait arrêter
de jouer assis sur scène et simplement bouger un
peu, il serait le nouveau dieu de la six-cordes..."
Ben Harper : "C'est comme ça et pas autrement.
Je n'ai aucune excuse, ni aucun regret. Jusqu'ici, ça
a plutôt pas trop mal fonctionné! J'ai toujours
joué assis et je crois que c'est parti pour jusqu'à
la maison de retraite, je suis trop vieux pour changer maintenant!
Pourtant, j'ai essayé pendant un moment d'en jouer
comme tout le monde mais je me sentais vraiment gauche et
maladroit et j'ai vite renoncé. Il m'a fallu beaucoup
d'entraînement pour être à l'aise en
chantant assis mais maintenant, cela me paraît tout
à fait naturel — je suis très à
l'aise, vraiment."
PS : Depuis 2003 et la période reggae qui a suivi
la sortie de l'album Diamonds On The Inside, Ben Harper
a finalement pris l'habitude de jouer debout certains de
ses titres... |
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Patrick
Brayer's Starvation Café - Fontana, California
- 1986
A l'âge de seize ans, Ben y donne sa première
prestation publique, un set de Blues acoustique joué
au bottlenek. |
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Les
15èmes Transmusicales de Rennes, France
- 4 décembre 1993
Ben Harper fait sa première apparition sur une
scène française c'est aussi son premier
concert donné en dehors des Etats-Unis.
Ben Harper : "La première fois que j'ai
joué hors des Etats-Unis, c'est en Bretagne et
les gens sont tout de suite rentrés dans le truc,
c'était incroyable. C'est vraiment un souvenir
qui perdure de façon indélébile
dans ma mémoire. Quelque chose de vraiment spécial." |

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Les
Eurockéennes de Belfort, France - 14h30,
9 juillet 1995
Ben Harper : "Ce concert est fondamental. Il s'est
passé un truc ce jour là. L'affiche était
superbe; il y avait Jeff Buckley, Page, Plant... Après
ça c'était gagné. C'est un des meilleurs
concerts de tous les temps, on m'en a reparlé jusqu'au
Japon." |
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Olympia
- Paris, France - 14 et 15 février 1996 |
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Les
Vieilles charrues - Carhaix, France - août
1999
Ben Harper : "En bretagne, les concerts sont extras,
les gens sont extras. Tout sort de l'ordinaire. J'ai
pu visiter un peu la région, la côte, j'ai
vu les menhirs, les vieilles pierres. C'est splendide
quand on prend le temps de la découvrir, ça
ma beaucoup plu." | Photo © Music Planet -
La Sept-Arte, SFP - Morgane Production - G. Pont, G.
Lacroix |

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"Avant
d'entrer en scène, JP Plunier jette le drapeau
breton sur les épaules de Ben. David Leach et
Juan Nelson le déploient derrière lui
pendant que Dean Butterworth assure le rythme à
la batterie. Ils débuteront le set par Like a
king."
Photo © Stills / Frank Brenner |
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Hult
Center - Eugene, Oregon - Mercredi 2 juin 1999
Par Richard Robert - Les Inrockuptibles - 8/14 septembre
99 - N°211 - (extrait) : "...Celui qu'on regarde
et écoute, là-haut sur la scène,
n'a pas gueule barbue ni vocation barbante de prophète.
Ce serait plutôt un bel oiseau sur sa branche -
un oiseau qui, lui aussi, aurait pu chanter "I have
tried / In my way / To be free" (J'ai essayé
/ A ma façon / D'être libre)..." | lire
la suite |
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Casino
de Paris - 17 Mars 2003
Photos et setlist | voir |
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Rapports scène
/ studio
Ben Harper : "La vie en tournée, c'est le mouvement
constant, tu voyages de ville en ville et de pays en pays.
En studio tu es dans un environnement immédiatement
plus stable et concentré musicalement parlant, pour
lequel il faut garder un rythme soutenu. Si tu te laisses
aller, j'ai l'impression que ça s'entend dans le
son général de l'album. Jouer en concert est
le meilleur moment de la journée et même de
ma vie: j'adore ça. C'est comme faire un disque tous
les soirs. Ca te fortifie et ça te prépare
pour le studio. Un an et demi de tournée, ça
se rapporte au studio. Tu vois les progrès, tu fais
des choses inédites, c'est vraiment stimulant. Live,
tu n'as pas de chance de te rattraper; quand c'est fait,
c'est fait. Au moment d'aborder l'enregistrement de The
Will To Live, j'étais confiant comme je ne l'avais
jamais été; je terminais juste une tournée
qui s'est étalée sur environ trois ans, pratiquement
depuis le premier album."
"Musicalement, c'est un peu différent mais sur
scène je peux me débrouiller même sans
les bandes à l'envers et autres effets réalisés
en studio... Les cordes électrifiées ont constitué
les premiers instruments électroniques. Il y a toute
une série de cycles et de fréquences où
si tu joues une note, l'électricité la reproduit
un octave plus haut ou plus bas, avec la quinte en supplément.
Le studio diffère bien sûr de l'environnement
d'un concert. D'un côté, on dispose d'éléments
comme le multi-tracking, les overdubs, plus de temps pour
expérimenter, de l'autre une énergie et un
impact qui doivent beaucoup au public. Cela donne une forme
différente aux chansons mais je me sens à
l'aise sur ces deux terrains qui s'enrichissent mutuellement." |
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