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David Leach
4 février 1962
site officiel : www.davidleachmusic.net
Percussionniste — David Leach intègre les Innocent
Criminals peu avant la sortie de l'album The Will To
Live (1997). Il débute sur scène le 30
avril 1997 au Student Union Ballroom, San Jose State University,
San Jose, CA. Il participe à l'enregistrement de
l'album Burn To Shine (1999) et figure sur le double
album Live From Mars (2001). Il cède sa
place à Leon Mobley après un dernier concert
au RIMAC Field, UCSD, La Jolla, CA, le 28 mai 2001.
David Leach : "Ben écrit des textes qui méritent
d'être analysés après coup pour en comprendre
le sens. C'est bien d'écrire des choses qui font
réfléchir et s'interroger, remettent en question
ce qui se passe dans le monde au lieu de se contenter de
dire que la vie, ça craint. Ses textes sont très
profonds et musicalement c'est très différent
de ce que j'ai l'habitude d'entendre. Le voir sortir ces
sons de ces guitares, c'est génial. Je n'ai vu personne
d'autre faire des trucs pareils." — source :
Ben Harper and the Innocent Criminals, Morgane
Production, Arte. |
Guitar
Collector's Ben Harper - Eté 2000 |
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Sandra Salazar: Comment
es-tu devenu un Innocent Criminal?
David Leach: J'ai auditionné, tout simplement. Dean
Butterworth et Juan Nelson m'ont appelé et m'ont
donné les coordonnées du lieu d'audition.
Ben était en France à ce moment là.
Sandra Salazar: Qu'est-ce que Leon Mobley, précédent
percussionniste, est devenu?
David Leach: Je ne sais pas, je crois qu'il joue dans un
groupe. En fait, tout ce que je connaissais de Ben Harper,
c'était Leon, c'est un copain. On s'est rencontré
à Los Angeles, en jouant.
Sandra Salazar: Quelle a été ton éducation
musicale?
David Leach: J'ai grandi en écoutant du Jazz ; Miles
et des choses plus anciennes. Plus tard, je me suis mis
au Funk et au R'n'B. Quand j'ai commencé à
jouer des percus, c'était Ray Barretto et Tito Puente.
Sandra Salazar: Tu as voyagé, pour étudier
les percussions?
David Leach: Je suis allé à la fac pour étudier
la théorie mais j'ai surtout voyagé au travers
des disques, en écoutant les autres jouer. En allant
à des concerts aussi. Mentalement et émotionnellement,
j'ai beaucoup voyagé.
Sandra Salazar: Qu'est-ce qui t'as amené aux percus?
David Leach: J'ai commencé la batterie à l'âge
de six ou sept ans mais dès le lycée, les
copains ont commencé à me dépasser.
Je voulais continuer à jouer, j'ai alors cherché
quelque chose d'autre, auquel je pourrais appliquer l'esprit
de la batterie. La plupart des groupes n'ont pas deux batteurs
mais certains ont une batterie et un percussionniste. J'ai
pu utiliser mes aptitudes de batteur sans être en
compétition avec un autre batteur.
Sandra Salazar: Avec qui jouais-tu avant Ben Harper?
David Leach: Avec tout ceux qui voulaient de moi! Je suis
du New Jersey et quand j'ai déménagé
à Los Angeles. à 22 ans, je ne connaissais
personne. Il a fallu que je fasse mon trou, je jouais avec
tout le monde, que ce soit des jam sessions ou des gens
rencontrés au cours de sorties. J'ai joué
dans des Eglises, à Disneyland, dans un groupe appelé
The Emotions, dans des studios... j'essayais de me faire
connaître, tout en apprenant de nouveaux styles de
musiques.
Sandra Salazar: Quel est ton style de prédilection?
David Leach: Aujourd'hui, c'est la musique de Portorico,
de Cuba et du Brésil. La musique africaine aussi,
bien sûr, d'où toutes ces musiques découlent.
J'en écoute beaucoup et j'apprends. J'écoute
aussi pas mal de Jazz et aussi beaucoup de Rock depuis que
je fais partie d'un groupe de Rock. C'est nécessaire,
ne serait-ce que pour comprendre comment ça fonctionne.
J'aime Pearl Jam par exemple, alors que je ne les aurais
jamais écoutés avant. Je ne les aime pas seulement
parce que ce sont des amis mais parce que leur musique contient
beaucoup d'éléments tels que Blues, le Jazz,
le Funk, des choses que j'ai écouté en grandissant.
Mais j'ai une préférence pour tout ce qui
est "rice & beans".
Sandra Salazar: Rice and Beans ?
David Leach: Tout ce qui est pimenté, qui a ce type
de parfum. J'ai piqué cette expression à Dave
Valentine, un flûtiste, il a sorti un album live avec
une version de "Black Bird" qu'il décrit
comme la version d'origine "mais avec un peu de riz
et de haricots". En d'autres termes, une version latine
de "Black Bird". Ça m'a scié et
j'ai piqué son expression!
Sandra Salazar: Quelles sont les percussions dont tu joues
dans ces shows?
David Leach: Congas, Bongo, Cerdu, Berimbau... J'essaie
de jouer du Berimbau, c'est l'instrument que l'on entend
au début Less. C'est une idée de JP (Plunier).
On revenait du Brésil, j'avais déjà
un Berimbau chez moi mais je voulais absolument en ramener
un du Brésil.
On faisait des répétitions pour l'album et
JP m'a suggéré de l'amener. Il s'est trouvé
qu'il était accordé dans la même tonalité
que la chanson et ça a très bien collé.
Je croyais qu'on était les seuls à avoir intégré
un Berimbau à du Rock'n'Roll...
Sandra Salazar: .... Et on t'a fait écouter Sepultura!
David Leach: Oui! Eh oui! Nick Rich, qui travaille avec
nous, m'a dit "c'est cool, mais écoute un peu
ça". Ca nous fait un point de référence
et puis c'est Carlihnos Brown qui joue avec eux. Je l'ai
vu au Hollywood Bowl d'ailleurs et c'était la claque!
Quant à Sepultura, je trouve très intéressant
que ce soit nous qui leur prenions leurs idées. Ils
se sont inspirés du Rock'n'Roll américain
et cette fois, ce sont les américains qui vont chercher
chez eux de nouvelles idées.
Depuis nous avons eu l'occasion de jouer avec eux, dans
le même festival, en Angleterre. Il y avait aussi
Metallica et d'autres groupes de métal.
Sandra Salazar: Ça fait combien d'années que
tu es dans le groupe maintenant?
David Leach: Trois ans. Les deux premières années
ont été difficiles parce qu'il a fallu que
j'apprenne les anciennes chansons, ce que Leon faisait,
ce que les autres faisaient ; il a fallu jouer de manière
à ce que ça colle avec les guitares, la batterie,
la basse. C'était difficile aussi pour les autres,
il a fallu qu'ils s'habituent à moi.
Sandra Salazar: Qu'est-ce que ça veut dire, pour
toi, être un "Innocent Criminal"?
David Leach: Ça veut dire que chaque soir que je
monte sur scène, je dois me donner à 110%.
Ça fait vraiment partie de moi ; si Ben Harper fait
quelque chose de bien, les gens vont dire "Ben Harper
a été super bon ce soir" mais si le groupe
se plante à un moment donné, les gens diront
"Ben Harper s'est planté".
Il y a peut être quelques personnes qui savent qui
est David Leach et là, on pourra entendre: "Ben
Harper a bien assuré, mais David Leach s'est planté!"
mais c'est rare. Ma responsabilité, c'est de bien
faire ce que j'ai à faire, parce qu'on me considère
comme un membre de ce groupe, je ne suis pas juste le type
qui joue des percus là-bas au fond.
Sandra Salazar: Est-ce que tu perçois une dimension
spirituelle dans le fait de jouer des percussions?
David Leach: Absolument! Complètement! C'est sans
doute le premier moyen de communication qui ait existé
et c'est aussi le seul intrument dont tu puisses tirer un
son, naturellement, sans savoir en jouer. Ce n'est pas possible
avec un saxophone, une basse, un piano...
Avec les percus, pas moyen de jouer faux. Tout comme le
rythme est la chose la plus importante de nos vies ; on
respire en rythme, nos coeurs battent en rythme, on parle
en rythme. Tous ces éléments peuvent s'appliquer
à la pratique des percus, qui les restitueront de
façon spirituelle et émotionnelle.
Si je joue bien, il y a un certain esprit, une connection
avec l'inconscient qui se fait -je ne dis pas que j'y parviens
à chaque fois- et je crois que les gens le perçoivent
aussi.
Sandra Salazar: Tu es allé en Afrique?
David Leach: Non, pas encore. C'est sans doute le seul endroit
au monde où je veuille vraiment aller. Je ne suis
pas non plus allé à Cuba. Ce qui m'effraie
dans le fait d'aller en Afrique, c'est que je ne reviendrais
peut être pas. Je crois que je resterais là-bas
quelques temps, puis que j'irai au Brésil et que
j'y resterais quelques temps aussi. Ce serait une façon
d'aller à la source de cette musique, pour moi. Ça
se fera, un jour. J'aimerais aller au Ghana ou en Afrique
de l'Ouest. |
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gauche -
Emens Auditorium, Ball State University, Muncie, Indiana,
15 février 2001 © Tim Deller | milieu
- LaCrosse Center, LaCrosse, WI, 11 mai 2001 © benharper.net
/ evil
vince | droite © inconnu |
gauche et milieu
- Delta Center, Salt Lake City, UT, 18 mai 2001 © source
www.x96.com
| droite - Paris Bercy, after-show, 22 mars 2000
© Emmanuel Rivet / swer.net |
| Interview - Emmanuel Rivet
/ swer.net - Mai 2003 |
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"Je joue de la
musique simplement parce que j'aime ça — il
m'arrive même d'oublier que les gens peuvent prendre
aussi du plaisir à m'écouter jouer."
swer.net: Sais-tu pourquoi la composition du groupe a changé
après la tournée Burn To Shine?
David Leach: C'est une question qu'il faut poser à
Ben, c'est lui qui a pris cette décision.
swer.net: Qu'as-tu fait depuis que tu as quitté les
Innocent Criminals?
David Leach: J'ai fait beaucoup de choses — actuellement
je joue au sein d'un groupe qui s'appelle "The Donavan
Frankenreiter Band", avec Dean Butterworth à
la batterie. J'ai joué avec "A girl named Jaen".
J'ai enregistré avec Rhian Benson — vous pouvez
écouter quelques titres sur son site www.rhianbenson.com.
J'ai participé à l'enregistrement d'un disque
de musique folklorique cubaine avec Adam Topol — le
batteur de Jack Johnson. J'ai aussi eu la chance de travailler
en studio avec les meilleurs musiciens de session qui existent
: Vinnie Colaiuta, Abe Laborial sr, Kenny Aronoff, Paul
Jackson jr, Patrice Rushen... Je joue régulièrement
avec "The Emotions", un groupe de R'n'B. J'ai
joué avec Spearhead et pas mal de chanteurs et songwirters
de Los Angeles. Je crois avoir beaucoup de chance.
swer.net: Est-ce qu'on te reverra un jour aux côtés
de Ben?
David Leach: Quand j'ai intégré le groupe
je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer.
J'ai grandi et évolué au-delà de tout
ce que je pouvais espérer. Quoiqu'il arrive, ces
quatre années resteront une partie importante de
ma vie.
swer.net: As-tu des projets?
David Leach: Le temps nous le dira!
swer.net: La question s'adresse en fait à tous les
percussionnistes et batteurs: comment arrives-tu à
mémoriser toutes ces chansons, tous ces rythmes,
sans l'aide de partitions?
David Leach: Avec des heures et des heures d'apprentissage,
d'exercices et d'écoute... Il est rare que la musique
soit écrite, on doit avoir une excellente mémoire
et être capable de rejouer à la demande ce
qu'on a appris. Bien sûr il arrive parfois qu'on oublie
un rythme, une technique mais on peut toujours compter sur
les disques, les vidéos, les dvd, les concerts, les
amis ou bien les profs. Il suffit de rechercher ce qui nous
manque.
swer.net: Dean Butterworth (batteur) disait à propos
d'un concert donné à Paris Bercy que cela
avait été une expérience vraiment émouvante.
Comment as-tu vécu ça de ton côté?
David Leach: Je me sentais à la fois flatté
et humble. Flatté de faire un petit voyage dans les
cieux du Rock'n'Roll — comme je te le disais, je joue
de la musique parce que j'aime ça, et de voir tout
ce public, tous ces spectateurs prendre du plaisir en nous
écoutant c'était vraiment incroyable. Et humble
parce que j'étais très honoré de recevoir
un tel accueil de la part d'autant de monde. C'était
vraiment surréaliste.
swer.net: Quelle est ta plus belle expérience sur
scène?
David Leach: Il y a eu beaucoup de concerts mémorables,
et ce pour de multiples raisons. Bercy fait partie des meilleurs.
Je me souviens aussi particulièrement d'un concert
avec le Dave Matthews Band à Denver, Colorado, face
à un public de 50 000 personnes. Ce sont deux expériences
que je veux garder en mémoire toute ma vie.
swer.net: Tu te souviens de tous les instruments que tu
utilisais sur scène?
David Leach: Mon set comprenait : des congas Toca, des bongos
et timbales, des djembes et caisses de batterie Remo, des
cymbales et gongs Sabian, des tambourins Rhythm Tech, des
structures Gibraltor, des microphones Audix, des sacs Levy's
Leathers, des baguettes Vater, des carillons, des sifflets
et différents accessoires. |
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A
girl named Jaen
www.agirlnamedjaen.com
David a accompagné Jaen sur scène les 13 avril
2002, 28 mai 2002 et 13 mai 2003.
Jaen : "David est une vraie star! Qui peut avoir besoin
d'une batterie électronique pour restituer trois
rythmes différents, alors qu'il y a David? Je lui
ai demandé s'il pouvait m'accompagner sur scène,
en acoustique, sur une chanson 'drum and bass' et il a tout
de suite accepté. C'est un vrai professionnel, jamais
distrait, il est toujours très concentré sur
ce qu'il a à faire en studio ou sur scène.
Et en plus il est marrant. Il assure vraiment!". |
photo par Rollie |
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Walfredo
Reyes - Batteur
www.walfredoreyesjr.com
Walfredo Reyes : "J'ai travaillé avec David
sur l'album/concerts de Rhian Benson. Il est d'abord un
musicien et ensuite un percussionniste — mon compliment
ultime. N'importe quel batteur ou percussionniste peut sortir
un rythme ethnic, rock ou tribal mais savoir écouter
une chanson et jouer exactement ce qui convient, cela demande
beaucoup de qualités et de professionnalisme. Et
David possède tout cela. J'adore jouer avec lui,
c'est un excellent musicien." | photo par
Jerome Marcus |
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Rhian
Benson
www.rhianbenson.com
David a joué des percussions sur l'album Spirit
de Rhian Benson. | photo extraite du site officiel |
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